Parti Pirate

Un Prism à la Suisse

22/04/2014

Pour l'adjoint du patron du service de surveillance de vos communications en Suisse, le fait que les opérateurs gardent les traces de vos communications à disposition de la police n'est pas de la surveillance généralisée. Drôle, c'est le même argument donné par la NSA. Le voilà dans 20minutes en train de faire un joli exercice de communication. En effet la loi LSCPT sera votée cet été et lui donnera des moyens bien plus grands. Mais pour les Pirates, pas question d'accepter que vos données soient conservées plus longtemps qu'il n'en faut, que les chevaux de troie ou des IMSI catchers puissent être utilisé contre vous.

Le referendum se prépare!

http://www.20min.ch/schweiz/news/story/27928136

Prédire le crime, la fuite en avant

20/04/2014

Pour prédire le crime on utilisait déjà des outils d'analyse sismologique. Maintenant ce sont les réseaux sociaux. La volonté de prédire le crime est un fantasme en passe d'être réalisé.

Au début de la criminologie moderne, on a tenté de prédire les comportements criminels en fonction des faciès. Le front comme-ci ou le menton comme ça prédisposait à un comportement criminel. L'origine, juive, rom, était une circonstance aggravante, voire déterminante. Cet apprentissage par les autorités des Etats à catégoriser les citoyens et en cherchant à maitriser leurs comportements n'est pas sans conséquences lors qu'il a été confronté à des volontés politiques discriminantes voire exterminatrices. Aujourd'hui, un schéma identique se dessine. Plus froid, mais nettement plus efficace. Le but déclaré n'est pas de réduire le crime, mais de rendre les autorités plus efficaces. Toujours plus efficaces...

La vidéo-surveillance n'ayant pas eu le résultat espéré, il faut passer à l'étape suivante. Surveiller l'ensemble des traces des individus, agréger les informations et les analyser. De tous! Car on ne peut pas se permettre de laisser passer un criminel. Certains comportements sociaux, une virée avec des potes, deviennent des anomalies, des alertes, qui prédisposent à un comportement criminel. Tout cela est validé scientifiquement. Evidemment. La technique avance, en même temps, la politique déconstruit tout ce qui protège l'individu et permet de lui assurer un véritable statut au sein de la société: celui d'humain. La liberté de circulation surveillée, les finances individuelles surveillées, les communications bientôt surveillées massivement, un secret médical mis à mal, des principes de justice remis en cause. Nous sommes en Suisse en train de déconstruire le travail de 300 ans de développement de droits humains qui nous ont permis de sortir notamment de l'esclavage. Les technologies sont là pour nous aider... Lorsqu'un de nos Conseillers d'Etat formule son souhait de prédire le crime à Genève, tout en installant un système de surveillance des individus, il est difficile pour moi d'accepter que son parti à encore quelque chose d'humaniste. Il existe une conjonction entre des technologies et une volonté politique. Et celle-ci n'est pas en faveur des citoyens...

A quoi ressemblera demain: à 1984? Non: à un univers kafkaïen où chacun de vos gestes sera prédéterminé, et l'information utilisée pour vous catégoriser. Dans le futur que je souhaite, la technologie, le réseau sont des outils nous permettant de construire une économie florissante et une société juste, pas une société de contrôle.

Initative de la Marche Blanche: Quelle application?

19/04/2014

Une loi, une réforme de la Constitution ne se jugent pas que dans leur texte mais aussi dans leur application, la jurisprudence. L'initiative de la marche blanche vient poser des questions:

Un juge, face à une atteinte légère de l'intégrité d'une personne dépendante, pourra penser que l'interdiction à vie de travailler avec des enfants est une mesure disproportionnée. Au lieu d'infliger une mesure d'une durée plus courte, il pourra décider de ne pas condamner le coupable pour lui éviter cette mesure disproportionnée. Imaginez ce que cela voudrait dire pour la victime.

Des appels pourront être faits devant la Cour européenne de Droits de l'Homme, qui face à des cas limites, fera primer le droit à l'individualisation de la peine et sa proportionnalité et viendra enlever le caractère "définitif" de l'initiative.

Il y aura, comme pour toutes les nouvelles lois, le développement d'une jurisprudence qui atténuera pour les cas particuliers l'étendue de la mesure. La nouvelle loi en vigueur, elle, inclut déjà bon nombre de ces ajustements. L'initiative ne se sera jamais appliquée et est donc inutile.