Parti Pirate

« La révolution numérique a déjà eu lieu. » - le débat de l'UNIL

16/04/2014

img_20140415163443.jpgJ'ai participé à un débat devant les élèves de l'UNIL sur la place des technologies dans l'université et plus largement dans la société. J'ai apprécié l'ouverture d'esprit du vice-recteur, aussi membre du panel, qui décrivait la mise en place des technologies par l'UNIL comme ayant d'abord été un outil de recherche de meilleure efficacité de l'administration. Aujourd'hui il admet que la technologie n'est pas la solution miracle. Je me suis empressé de lui proposer la prochaine étape: le réseau n'est plus un simple outil mais un espace de vie dans lequel nous pouvons tous avoir des émotions. Voilà une prise de conscience importante à réaliser pour construire des outils réellement au service de l'humain.

Voici le résumé du débat

http://auditoire.ch/index.php?env=article&cat=campus&...

Vers un Etat vraiment distribué?

01/04/2014

Le vote était pour moi la dernière chose que nous devions numériser. A Genève nous avons tous décidé de commencer par là. Mon approche a été jusqu'à présent de donner des clés de reflexion pour permettre de développer un système de vote sous réel contrôle citoyen.

Mais nous avons maintenant des concepts qui nous permettent d'avancer réellement. J'avais proposé à la Chancellerie de distribuer une partie du contrôle aux citoyens. Aujourd'hui le concept existe et il se développe en Suisse. (Ethereum.org)

Surtout cela préfigure du futur de l'Etat. Citoyens, et fonctionnaires notamment, préparez-vous, les changements dus à l'arrivée des ordinateurs sur les bureaux ne sont que peu de choses. Demain notre infrastructure publique, nos registres, nos procédures administratives, les contrats seront aussi techniquement distribués et sécurisés. Plus de transparence, moins de passe droits (désolé), une plus grande efficacité, et une pression toujours plus grande sur les limites de nos Etats...

Les banques se meurent: place à l’innovation!

26/03/2014

Publié initialement sur politeia.ch

Suppression de postes, réduction des avoirs sous gestion, la grande vie serait terminée. Dans le Bilan du 3 février 2014[1], Maria Vakaridis nous dresse un constat morbide de la place financière genevoise. «Le Loup de Wall Street, c’est fini!» clame un jeune banquier. La raison de cette perte? Pour certains, la fin du secret bancaire serait la cause de ces malheurs, pour d’autres le manque d’adaptation aux nouvelles réalités, mais surtout il n’existerait pas de porte de sortie. Ce n’est pas une simple remise en cause mais une véritable révolution culturelle que nous devons déclencher si nous voulons conserver les places de travail. L’opportunité se trouve dans l’innovation, mais dans tous les cas cette révolution sera cruelle et fera des victimes.

Défi numéro un: Valoriser les informaticiens, ils constituent la matière grise de la finance d’aujourd’hui! Le monde de la finance est géré par les informaticiens. Un directeur de banque qui refuse de voir cette réalité est irresponsable. Un informaticien a droit de vie ou de mort sur un établissement. Il connaît les petits secrets de tous, connaît toutes les failles et peut couper la banque du monde extérieur d’un simple clic. Puissant mais dénigré et mal payé. Alors non ce n’est pas étonnant que des CD volés se retrouvent entre les mains de différentes administrations fiscales. Dans une finance entièrement virtualisée, l’informaticien n’est pas juste celui qui doit s’occuper des tâches ingrates.

Défi numéro deux: Pratiquer la transparence totale! Le secret bancaire a été construit pour protéger les citoyens d’un Etat corrompu. Il est clair que la lutte pour conserver cette pratique est vouée à l’échec face à l’insistance des Etats et groupes de pression. Et à juste titre! Alors renversons la machine et jouons la carte de la transparence étendue. Ils en demandent? Publions l’ensemble des transactions! Car dans un monde informatisé, le secret n’est plus le garant de la sécurité. Tous les systèmes informatiques les plus sûrs sont construit sur de l’Open Source et des protocoles de transmissions ouverts. Dans une finance entièrement virtualisée, la véritable transparence est celle qui apportera de la sécurité.

Défi numéro trois: Comprendre que l’argent n’est qu’une donnée personnelle! La monnaie est aujourd’hui pratiquement entièrement virtualisée. Finalement cette monnaie n’est qu’une donnée financière personnelle. Et les banquiers ne sont que des gestionnaires de données financières personnelles. C’est alors que l’on comprend que les véritables concurrents des banques ne sont pas les autres banques. Ce sont les gestionnaires de données personnelles. Google, Apple, Facebook… Voilà les vrais concurrents des banques. Le jour où Facebook autorise les transferts d’argent directement entre les utilisateurs, les banques auront du souci à se faire. Alors sautons le pas! Construisons une finance autour des informaticiens, qui soit transparente, résiliente et distribuée. Et pour cela nous devons faire appel à l’innovation. Heureusement celle-ci arrive toujours au bon moment.

Le WIR est issu de la crise de 1929. Il a permis de réinjecter des liquidités dans un monde en crise par son approche décentralisée et communautaire. Le bitcoin est né de la crise de 2008. Il apporte une approche décentralisée et communautaire. Mais surtout il est issu du monde numérique. Les crypto-monnaies sont donc les seules à réellement respecter les règles du réseau: distribution, transparence, accessibilité. De par sa nature, le bitcoin est supérieur lorsqu’il est utilisé dans un contexte numérique. Et pourtant le bitcoin n’est que la première itération de l’échange de valeurs façon numérique. D’autres technologies vont apparaitre rapidement. Notre monde financier doit aujourd’hui se saisir de cette innovation et y participer. La Deutsche Börse a eu le bon réflexe, elle va remplacer son système de gestion des ordres avec un concept basé sur le bitcoin[2]. Ou comment apprendre à maitriser cette technologie. Car le bitcoin est avant tout une technologie, une idée. Et comme avec internet, les courriels, les téléphones portables, les détracteurs seront nombreux, mais ne pourront pas arrêter un outil qui donne à tous la possibilité de devenir sa propre banque. Dans certains pays, seul 3% de la population a un compte bancaire[3]. Si l’industrie financière n’innove pas, la population innovera sans elle.

[1] bilan.ch/argent-finances-les-plus-de-la-redaction/le-naufrage-du-secteur-bancaire-plombe-geneve
[2] citizenkane.fr/bitcoin-deutsche-borse-deutsche-mark-electronique.html
[3] storage.canalblog.com/68/65/396552/28715425.pdf