Parti Pirate

Sécurité : Une loi, Non ! Une vision, Oui !

15/11/2015

On m'a demandé si ma position sur la nouvelle loi sur le renseignement avait changé. Maurer et Maudet appellent à l'instauration de cette nouvelle loi.

Non ma position n'a pas changé. Cette loi est dans le prolongement des lois qui ont justement déconnecté les efforts de sécurité de la réalité. Elle incite les services de renseignements a se cloîtrer dans des bureaux et croire aveuglement aux résultats des algorithmes en espérant l'instauration d'un monde magique avec risque-zéro.

La sécurité de notre société ne passe pas par l'existence de trous de sécurité imposés par la loi. C'est une organisation sociale forte, l'implication des citoyens dans la société, dans la sécurité commune qui est la clé. Pas besoin de loi pour cela. Mais il est nécessaire que les dirigeants que nous choisissons aient une vision.

J'en appelle à reprendre notre concept de neutralité et le mettre à jour avec les réalités de la société numérique et des nouvelles menaces :

- Intégration, pour assurer la cohésion interne du pays.

- Indépendance de notre politique étrangère et de sécurité vis-à-vis des autres pays.

- Liberté du commerce.

- Contribution à l'équilibre et à la stabilité sur le plan international.

- Bons offices, pour donner un espace de discussion visant à aplanir les conflits internationaux.

Cette loi, en acceptant l'utilisation des chevaux de troie (govware) contribue a ce que les faiblesses des réseaux soient conservées, permettant à des États totalitaires d'utiliser ces mêmes armes contre leurs citoyens. Elle ne contribue pas à la stabilité dans le monde.

Cette loi ne cherche pas à assurer notre indépendance de notre politique de sécurité. Elle cherche à nous aligner sur les pratiques des États avoisinants, à nous rendre dépendants.

Cette loi, en misant sur des solutions clé-en-main étrangères, ne cherche pas a développer un tissu d'entreprises et de citoyens impliqués dans la construction de notre sécurité renouvelée à l'ère du numérique.

Notre pays doit renouer avec sa vision de la neutralité, adopter une stratégie du numérique, mobiliser les forces des PME et des citoyens, être une terre d'accueil et un modèle d'intégration.

Notre pays doit s'assurer de la bonne stratégie à avoir avec les pays du Moyen-Orient qui ne sont pas innocents dans la situation catastrophique que se déroule en ce moment.

Maurer et Maudet, aveuglés par l'utopie d'un monde zéro-risque, perdent de vue les fondements de la neutralité qu'ils n'arrivent pas à traduire dans un monde du numérique.

Une loi, Non ! Une vision, Oui !

SRC et Loi sur le Renseignement: flagrant délit de mensonge

16/09/2015

Lorsque la société qui produisait le cheval de troie utilisé (une seule fois) par la police zurichoise a été hackée, les professionnels de l'informatique ont dû colmater une faille extrêmement grave dans Flash, logiciel installé pratiquement sur tous vos ordinateurs.

Le coût réel, en travail, pour les entreprises n'a pas encore été évalué.

La nouvelle Loi sur le Renseignement ne fera qu'entériner cette pratique de fragilisation des systèmes informatiques des citoyens et d'entreprises.

Et après cela, l'administration fédérale clame sur les toits qu'elle effectue un travail de protection numérique des entreprises.

C'est irresponsable.

 

Le lien vers l'annonce de presse du SRC http://www.vbs.admin.ch/internet/vbs/fr/home/aktuell/mitt...

Devons nous laisser nos Etats violer (numériquement) nos enfants?

14/04/2015

Les guerres laissent des traces indélébiles dans notre histoire et notre inconscient collectif. Il s'agit d'un moment terrible où l'humain disparaît devant l'horreur. Les soldats eux-mêmes deviennent de la chair à canon, une ressource dont on peut froidement quantifier le sacrifice. Lorsqu'une armée se déplace, l'inhumanité atteint son paroxysme. Pillages, viols, torture effrayent des populations qui tentent de les fuir pour sauver leurs propres bébés d'une mort certaine. Même une armée libératrice viendra prélever sa part du gâteau. Les lits, la nourriture, les femmes sont offerts aux valeureux guerriers avec peut-être un espoir vain que cela apaisera leur colère.

L'humanité disparaît pour un instant. Un instant tragique.

Lorsque nous avons pris conscience au 18ème siècle que l'humain pouvait être libre, nos aînés ont consacré un droit fondamental : l'inaliénabilité du corps et de l'esprit. Un esclave ne peut être violé, car on ne le considère pas comme humain. Il n'est qu'un objet dont on détient la propriété. Mais lorsqu'on le considère comme un être humain à part entière, cela devient un viol, une atteinte à son intégrité physique et donc un crime punissable. Aujourd'hui, de nombreux États modifient leurs lois pour permettre la mise en place d'une surveillance massive et généralisée de sa propre population. Mais ce sont des moyens de censure, d'analyse prédictive, d'intrusion par l'astuce qui sont proposés dans les plus grandes démocraties de notre planète. Ce sont des outils qui portent atteinte à l'humain.

Lorsque l'on prend conscience que les humains existent aussi numériquement, au-delà des "données qui les concernent", on doit reconnaître l'existence de l'intégrité numérique de chacun d'entre nous. Sans cette protection, nous sommes livrés sans merci aux armées les plus voraces et aux criminels les plus endurcis qui viennent piller, torturer et violer. Sans aucune voie de recours. Nos propres enfants sont exécutés numériquement en place publique pour un simple mot de travers, leur compte social fermé de force par la justice.

Nos États organisent le viol massif de leurs propres citoyens et nous nous laissons faire. À nous de faire ce qu'on fait nos ancêtres, libérons les humains aussi numériquement ! Rendons les humains inaliénables aussi numériquement ! Et ces guerres laisserons des traces indélébiles...