Parti Pirate

Les technologies sont perturbantes, elles doivent devenir politiques!

26/05/2012

NEW_DataProcessing.jpgQui songerait aujourd'hui dans son travail de se passer de son ordinateur ou de son téléphone. Plus important, qui songerait de se passer des applications réseaux et de l'accès à Internet. Nous avons tous déjà connu une panne de réseau et profité de quelques instants de chômage technique.
Mais l'apparition de ces technologies ne s'est pas faites sans heurts. Je m'en vais vous conter ma première expérience, celle qui m'a fait prendre conscience de l'effet perturbateur et bénéfique du partage du savoir au sein d'un environnement de travail.

En 2000, alors jeune stagiaire, j'ai eu la chance de travailler dans un projet de création d'une bibliothèque juridique numérisée. Évidemment, en tant que stagiaire ce fut mon rôle de numériser l'ensemble de la bibliothèque. Et de tout recommencer aussi, chaque fois que l'on faisait une erreur... Je devais aussi former les collaborateurs à l'utilisation de ce nouvel outil.

J'ai pu constater trois types de réactions :

Tout d'abord celles des plus jeunes ou des plus technophiles, émerveillés par la puissance du logiciel. Imaginez-vous ! Avoir accès à toute la connaissance de l'institution par un simple clic. Un accès libre et sans limite. Du jour au lendemain, le temps de recherche documentaire passait de quelques jours à quelques secondes. Un traducteur se demandait souvent s'il était plus rapide de traduire à nouveau un texte plutôt que de rechercher les traductions existantes. Nous les avions séduits dés la première seconde où le projet fut entre leurs mains.

Ensuite celles de ceux qui préféraient que les choses ne changent pas. La plupart se cachaient derrière leur mutisme, d'autres tentaient même de mettre des bâtons dans les roues du projet. Mais lorsque l'information circule, on ne l'arrête plus. Ils se sont tous mis à l'utiliser.

Enfin celles des incompétents. Dans chaque organisation, il arrive que des personnes soient incompétentes, par nature (on aurait pas dû les recruter) ou par promotion (ils sont à un poste qu'ils ne maitrisent plus). L'information a un comportement froid et cruel face à l'incompétence, elle la contourne.

Dans notre projet, cela c'est mal passé, malgré les efforts des responsables d'arrondir les angles et de ménager les susceptibilités. Ceux qui ont pu se remettre en question ont su rebondir, mais cela n'a pas été le cas pour tous.

Après un travail long de deux années, nous avions enfin réussi ! La bibliothèque était prête, le système utilisé par les traducteurs et les juristes, et il ne restait que la dernière étape : transmettre notre projet à l'équipe des archives, en charge de la gestion des documents.
Après une longue présentation d'un système qui fonctionnait déjà bien, quelle fut notre surprise en entendant notre interlocuteur nous dire : « Bon, votre projet c'est bien joli, mais cela ne marche pas. Revenons au papier ! » Nous avons vécu, avec mon chef, un grand moment d'incompréhension et de solitude partagée.

Aujourd'hui, ce projet a permis d'améliorer la qualité, la rapidité et les conditions de travail de la plupart des collaborateurs. Mais il a aussi fait ressurgir toutes les erreurs du passé. Il a créé des nouveaux canaux de circulation pour l'information. Des procédures ont été modifiés afin de s'adapter à cette nouvelle réalité. Certains postes de travail ne sont plus les mêmes.
Si tout cela c'est passé dans une organisation d'une centaine de personnes, alors quel impact ces technologies peuvent elles avoir dans notre société ? Il faut absolument que les politiques intègrent ces thématiques dans leurs programmes, car contrairement à une entreprise où l'on peut facilement mettre les incompétents de côté, dans notre société nous ne pouvons laisser personne être une victime de nos technologies.

Commentaires

Je suis contre mais réaliste tout de même ,j'ai vécu tous les progrès depuis la fin de la guerre,évitant le plus possible parcontre tout ce qui me referait plonger dans une soumission sectaire.Ou je m'insurge et d'autres sont du même avis,on conseille à tout le monde de se relier à d''autres,paiements y compris avec Internet et les médecins et psychologques sont les premiers à conseiller à leurs patients de rencontrer des humains de parler,de vivre en somme comme des humains *normaux*.On se plaint du nombre de gens de plus en plus jeunes souffrant d'addictions,y'a tout de même un sacré manque de cohérence de la part des pro internet tous azimuts.Et comme je suis née en fin de conflit de la 2me,je préfère nettement et c'est sans jeu de mot serrer la main d'un être vivant que m'adresser à un ordinateur n'ayant rien à envier mais alors rien du tout au temps ou on n'osait plus voir ses parents ou ceux-là sachant qu'ils ne pourraient jamais plus téléphoner pour x raisons,qui pour consoler l'enfant du temps de la séparation disaient, tant fait pas je t'appelerai et 60 ans plus tard l'enfant attend toujours mais maudissant de plus en plus l'ordinateur qui permi l'envoi d'une grand maman et bien d'autres à Auschwitz

Écrit par : lovsmeralda | 27/05/2012

@lovsmeralda c'est bien pour cela qui faut contrôler nos outils, et il faut notamment permettre aux citoyens (informaticiens) d'étudier le code, disponible à tous. Les outils doivent être au service de l'être humain et ne doivent pas être utilisés pour l'asservir.

Écrit par : Alexis Roussel | 27/05/2012

En 2000 ? vous rabâchez mon cher, seriez vous déjà un peu dépassé ? :-)

Écrit par : thales | 27/05/2012

@thales ... cette histoire c'est passé en 2000, je n'y peux rien. Mais je vous rassure, d'autres rabâchent qu'il faut prendre le contrôle de nos ordinateurs depuis les années septante (cf. Richard Stallmann)

Écrit par : Alexis Roussel | 27/05/2012

@Alexis Roussel,bienheureuse de lire votre réponse,mais agissez vite,car si l'on songe aux nombres d'enfants de plus en plus jeunes souvent dès 2 ans pianotant toute la journée sur une console qui ne consolera jamais du manque de dialogue,espérons qu'il ne soit pas trop tard d'autant que ces craintes ne datent pas d'aujourd'hui.
Dans le temps la théorie courait que l'humain n'était pas adulte avant trente ans,aujourd'hui il ne l'est plus avant 60 et encore s'il ne se met pas à nounouter comme certains politiciens qui rétrogradent par obligations de couches et de langes et oublient le pourquoi de leur nomination.Heureusement que celui questionné quand à la raison de ses oublis n'a pas eut l'outrecuidance de répondre comme c'est trop souvent le cas,j'y peux rien c'est la faute à l'ordinateur!du temps d'israel y'a eut Judas de nos jours le coupable c'est l'ordinateur,vous parlez d'un progrès

Écrit par : lovsmeralda | 27/05/2012

science sans conscience n'est que ruine de l'âme ^_^

les technlogies sont bien evidemment responsables.
oui car c'est bien connu, les machines sont autonomes et douées d'intelligence ^_^
ou peut-etre que les personnes sont responsables par leur choix de la facilité plutot que le choix de la responsabilite.
les enfants ont forcement des parents.
alors pourquoi ne pas blamer les parents?
ah oui, j'oubliais, nous n'allons pas nous blâmer nous-même: il faut absolument un bouc-emissaire qui nous permet de ne pas se sentir concernés.

ne soyons pas retrogrades mais responsables de nos vies, c'est bien sur ce point que la difficulté se trouve...

Écrit par : romain | 27/05/2012

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