Parti Pirate

Créer une identité régionale

08/06/2012

Le Grand Genève correspond à la réalité, notre réalité à tous. Il est le territoire dans lequel chacune et chacun réside, travaille, apprend, consomme, rencontre ses proches et pratique ses loisirs. Le Grand Genève est notre espace de vie. Il existe depuis longtemps. Il était temps de lui donner un nom.

Mais c'est aussi un environnement qui est en évolution dans lequel les individus circulent de plus en plus. Nous devons aménager notre région pour pouvoir répondre aux défis liés à cette transformation.

La vision du Grand Genève doit être politique avant d'être économique

A l’image de la construction économique européenne, les défis du Grand Genève sont multiples. Nous ne devons cependant pas oublier qu’un territoire est composé d’abord d’individus qui vivent ensemble. Nous avons 184 nationalités différentes et vivons sur deux pays et deux cantons. Il faut mobiliser cette force humaine en créant une identité culturelle régionale forte. Notre économie sera le reflet de notre dynamisme et de notre soif de progrès. Elle profitera de cette identité forte composée d'une fierté et d'un sentiment d'appartenance qui nous font certainement défaut aujourd'hui.

Le Grand Genève doit se doter d'instances participatives qui assurent une représentativité de tous, quels que soient le lieu de résidence ou la nationalité. En respectant le principe d' « une femme, une voix, un homme, une voix », nous pourrons enfin faire valoir les liens étroits que nous avons tissé et garantir un respect mutuel. Nous devons être le contre-exemple d'une union économique froide qui se fiche des réalités humaines. Dans une Europe qui subit l'assaut d'idées xénophobes, une identité territoriale basée des valeurs d'ouverture et d’intégration des citoyens nous donnera les moyens de résister et de montrer l'exemple.

Une région plus homogène, mieux gérée

Le Grand Genève est la nouvelle échelle dans laquelle il nous faut travailler sur les défis que sont la sécurité, l’environnement, la mobilité et le travail. Si seuls les humains perçoivent les frontières, nos défis, quant à eux, nous sont communs des deux côtés du pointillé artificiel des Etats.

Le CEVA sera immanquablement un grand pas vers l’établissement de cette identité, mais nous devons aller plus loin. Nos entreprises pourront se développer librement dans une région ouverte. Nos communes partageront équitablement les coûts et les bénéfices du développement de la région. Nos enfants seront libres de résider et travailler dans toute la région, ils communiqueront sans changer d’opérateur téléphonique, et peut-être que leurs voitures auront les mêmes plaques d'immatriculation. Demain, ces frontières ne seront plus source de frustration ou de division. Nous réussirons à les dépasser et à connecter le Grand Genève.

Commentaires

L'identité, à mon avis, est culturelle, et pas spécialement économique ou politique. Les raccords mécaniques ou techniques entre les citoyens sont peut-être le fruit de l'identité, d'un sentiment d'identité, mais on ne peut pas dire, je crois, qu'en soi ils la créent. Rousseau disait que les républiques devaient être constituées d'une ville et de son environnement et il est clair que le territoire naturel et économique de Genève dépasse les frontières du canton, et même celles qui existent entre la France et la Suisse. Mais les symboles traditionnels locaux sont justement ceux qui justifient cette frontière: Jean Calvin et François de Sales, pour faire court. Voltaire et Rousseau sont certainement plus porteurs d'esprit d'unité. Ou, à l'inverse, "La Pêche miraculeuse" de Konrad Witz, qui a été peinte avant la création d'une frontière. Or, cet esprit a été restauré par les écrivains suisses du vingtième siècle, qui n'ont cessé de vouloir créer des ponts avec la France voisine: Guy de Pourtalès, par exemple, ou Cingria, ou Ramuz, ou Denis de Rougemont. C'est cela, l'identité commune.

Écrit par : Rémi Mogenet | 08/06/2012

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