Parti Pirate

Assange et Blocher même combat?

17/06/2012

 

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Le whistleblower ou lanceur d'alerte est trop souvent confondu avec le délateur. Et pourtant la finalité est bien différente. Si le délateur vise quelqu'un de particulier dans le but de lui nuire, le lanceur d'alerte agira dans l'intérêt du public pour divulguer un état de fait dommageable pour le bien commun.

Le cas de Christoph Blocher peut paraître être à la limite entre le lanceur d'alerte et le délateur. Mais la personne visée avait la charge de la BNS, il était donc un des hommes les plus influents du pays. Ses agissements et ainsi que ceux de son entourage avaient forcément une portée différente que ceux du citoyen lambda.

Cette affaire nous montre que le lanceur d'alerte est insuffisamment protégé en Suisse. Cette affaire nous montre que trop souvent nos décideurs sont juges et parties. Si Christoph Blocher peut utiliser sa position et son parti dans sa défense, trop souvent les lanceurs d'alerte subissent les foudres de leurs propres organisations et sont licenciés et condamné par la justice.

Et pourtant le concept de lanceur d'alerte ne date pas d'hier. C'est même en 1912 qu'apparait aux États-Unis la première loi protégeant les lanceurs d'alerte. Au passage, je dois noter que c'est bien l'une des rares avancées du projet de notre nouvelle constitution genevoise que de proposer une telle protection.

Ce type de protection est primordial, car le phénomène ne fait que s'accélérer. L'ampleur des affaires mises à jour ne fait que grandir. Il suffit d'observer les affaires wikileaks. Ces révélations sont non seulement un camouflet pour les organisations qui en sont victimes, car elles les forcent à modifier leur comportement, mais les conséquences peuvent être déterminantes pour un peuple entier. On sait que wikileaks fut un des éléments déclencheurs du soulèvement tunisien.

Alors pourquoi ce phénomène s'accélère-t-il ? Par ce que nous sommes en pleine révolution de l'information. De plus en plus de citoyens ont accès à des sources d'information gigantesques détenues par des organisations qui se trouvent dépassées par cette révolution. De plus nous avons tous accès à des moyens de communications tellement puissants que chaque révélation peut faire l'objet d'un buzz planétaire.

Dans cette révolution numérique, les organisations, entreprises, Etats ou juste des groupes d'individus, qui basaient leurs pouvoirs et leurs revenus sur un contrôle de certaines informations sont vouées à perdre ce contrôle. Et ce notamment grâce aux lanceurs d'alerte. Et plus la transition vers la Société de l'Information avance, plus ces contrôles sont soumis à une pression. Ces organisations réagissent violemment. La violence des réactions contre Assange ou Blocher, est à la hauteur de la force du changement que nous vivons actuellement.

Que devons nous faire ? Empêcher les lanceurs d'alerte me paraît vain.

Il faut tout d'abord offrir une protection adéquate au lanceurs d'alerte. Comme les États ne fournissent pas cette protection, de nombreux hactivistes comme Wikileaks proposent des plateformes anonymes de partage de données, garantissant la sécurité des lanceurs d'alertes. D'autres proposent régulièrement d'assister les lanceurs d'alerte en utilisant les techniques les plus avancées notamment pour des échanges cryptés. Il faut utiliser ces alertes afin de pousser les organisations à modifier leurs comportements, et là encore les exemples de la BNS ou de la diplomatie américaine sont très intéressants.

Ensuite, et la vraie solution est là, nous devons ouvrir les organisations qui ont une influence sur nos sociétés, les rendre transparentes afin de pouvoir analyser les flux d'information, les processus, et les améliorer pour qu'elles soient à nouveau au service des citoyens. Cela sera une des plus grandes retombées de notre révolution numérique.

Dans notre Société de l'Information de demain, nous n'aurons plus de lanceurs d'alerte, car notre société sera ouverte et transparente.

 

Commentaires

pourquoi ce phénomène est en augmentation ? une des raisons il y en a d'autres c'est qu'après tant de décennies ,ceux de la génération de Monsieur Blocher dont beaucoup de femmes nommées à juste titre majorité silencieuse,se réveillent.Beaucoup dans les années 56 ont été intronisées scoutes et ce dans la plus grande tradition Maçonnique.Donc silence respect et travail dans la fierté de grands patrons qui nous considéraient non pas comme de simples employées,mais d'humains capables de relever d'importants défis comme celui de ne parler qu'après plus de 60 ans d'anschluss
Et quand les sénioras bougent c'est toute la fourmillère qui doit se remuer,l'âge avançant c'est plus maintenant qu'elles vont prendre des gants.Jamais nous ne nous serions permi de juger un patron,il avait sa vie,nous la nôtre et pourvu que nous puissions manger et fumer à notre guise peu importait ce que faisaient les autres.le départ de Monsieur Nanschen laisse un vide considérable ,ce genre d'humain ne court plus les rues.Alors oui Monsieur Blocher a bien raison de ne pas se laisser bousculer surtout par de plus jeunes,je pense à un certain électorat né avec les cuisses pleines de fric et qui n'accepte aucune responsabilité excepté celle de faire porter le chapeau à d'autres
Il existe aussi un historique de gens ayant dû honorer leurs parents qui eux avaient mis leur seule confiance en un dieu invisible,n'aimant pas voir une classe sociale pauvre acquérir trop de savoir et pour causes,nombreuses sont celles s'étant enfin séparée du scaphandre de la religion *ligoteuse* pour dire haut et clair ce que d'autres pensent tout bas,et ce fut leur plus dure initiation.On ne quitte pas le bateau des bénis oui oui sans y laisser des heures de remises en question de son authentique personnalité,et le nombre d'étincelles surgissantes peuvent être aussi dramatiques qu'un tsunami,comme disait je ne sais plus qui faut pas trop nous chatouiller,rire
excellent week'end pour Vous Monsieur Roussel

Écrit par : lovsmeralda | 17/06/2012

Il a toujours été dangereux de dénoncer des injustices ou même des fraudes, que ce soit dans des entreprises privées ou des administrations publiques. Celui qui le fait est plus sûr de se voir lui-même puni à la place de celui qu'il a dénoncé. Probablement parce que presque tout le monde a quelque chose à cacher et craint donc d'être le prochain pris pour cible.

Écrit par : Mère-Grand | 17/06/2012

Votre titre est révélateur, tandis que blocher cache ses petits secrets comme le font tous les suisses faisant partie de cette élite oligarchique, Assange, lui, édite ce qui arrange certains, il ne transmettait pas tout, il avait aussi ses petits secrets et compicités, quant à Zuckerberg, je ne vois pas ce qu'il vient vient sous votre titre évocateur ? si ce n'est que d'ouvrir la sempiternelle page de cette portion bougillonne soutenue par l'ubs et blocher, ce qui est cerain. alors que blocher et Assange sont en fin de parcours, Marc Zuckerberg, lui ne fait que de commencer son ascenssion !!!

Écrit par : Corto | 17/06/2012

En France aussi les lanceurs d'alerte ne sont pas protégés. Par plus que les personnes subissant des poursuites-bâillons, forme de procédure abusives dont les lanceurs d'alerte sont souvent la cible.

Et je sais de quoi je parle : en deux ans seulement j'ai subi deux procédures judicaires par une agence franco-belge de « communication éthique » (selon son slogan, pardon : sa baseline).
Cette société n'a pas apprécié que je publie un témoignage de client mécontent des conditions dans laquelle il a signé en quelques heures un contrat de vente à crédit-bail portant sur 4 ans.
Il a pourtant aussi témoigné dans Ouest France le 21 janvier 2010 (un quotidien à grand tirage), mais le journal n'a pas été inquiété...

Écrit par : Mathias Poujol-Rost | 19/06/2012

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