Parti Pirate

Transformons nos écoles en prisons

19/06/2012

Voila une news qui a de quoi nous mettre de mauvaise humeur aujourd'hui. Certes cela ne se passe pas chez nous mais à quelques kilométrés seulement, mais avec l'édition 2012 du bac placée sous haute surveillance, on nous propose une version pas très agréable de notre futur.

Voila que nous installons des portiques détecteurs de téléphones portables, sans compter déjà les cameras de vidéosurveillance, les codes barres sur les cartables de nos chers bambins. Dans certains pays, il y a des détecteurs de métaux à l’entrée, les mêmes que vous trouvez a l’aéroport.

Alors au lieu d'accompagner les élèves dans une société qui évolue rapidement, on les enferme dans un endroit qui leur donne l'avant-gout de la prison..

Non tu ne copieras pas ton voisin!
Non tu ne partageras pas avec ton voisin!
Non tu n'utiliseras pas les réseaux sociaux!
Non tu n'utiliseras pas les outils modernes!
Non tu n'apprendras pas comment maitriser les outils!
Non tu n'apprendras pas à être un citoyen éclairé!

Car l’école a peur de notre société de l'information. D'une société dans laquelle les rapports entre les individus ont changés. Au lieu de s'adapter rapidement, l’école choisi la réaction face à l'adaptation. On recommande même aux parents de surveiller, à leur insu, les comptes Facebook de leurs enfants.

On ne peut pas leur en vouloir à ces parents, à ces profs, ils ne sont pas nés dans cette même société. Il ne savent pas quoi faire. Certains font de leur mieux en tentant d'ouvrir un dialogue.

Mais c'est une reforme profonde du système éducatif que nous devons entreprendre. Celui-ci ne doit plus produire des individus formatés mais des citoyens capables d'analyser.

 

 

 

 

Commentaires

Plus je vous lis et plus j'ai l'impression d'avoir affaire à un type qui a tout compris et a toutes les réponses aux nouveaux enjeux de la société de l'information et de la révolution numérique... mais j'ai beau chercher je vois aucune propositions ou réponses concrètes.

Écrit par : Riro | 19/06/2012

Cher Riro,
Merci pour votre commentaire encourageant.
Nous sommes un mouvement jeune et nous apprenons aussi à présenter nos idées. Pour le système éducatif, il me parait essentiel de développer les matières d'analyse comme la philosophie qui peut être enseignée très tôt. Vous avez raison de dire que nous devons assurer un niveau suffisant en écriture et lecture. Mais à ne vouloir qu'un seul standard, nous avons tendance à abaisser les critères d'évaluation.

Adapter notre système éducatif est une très grande tâche. Il déjà difficile d'imaginer comment vivront nos enfants. Nous n'en avons aucune idée, seulement des pistes. Nous ne devons surtout pas aller à l'encontre de ces pistes. Croire que l'informatique n'est qu'un gadget est une grande erreur. Il suffit de regarder autour de soi et de voir la discrimination dont font l'objet dans le monde du travail ceux qui ne sont que des simples utilisateurs. Cette discrimination s'empire surtout à l'embauche. Aujourd'hui, pour peser de la viande dans un abattoir, on vous demande de savoir utiliser SAP.

Enfin, le programme du Parti Pirate se construit sur le mode participatif. Nous avons les questions, vous avez les réponses! Nous allons étoffer notre programme avec vos propositions.

Écrit par : Alexis Roussel | 19/06/2012

Je crois avoir un niveau suffisant en lecture et pourtant, je ne comprends pas très bien votre point de vue...
Etes-vous en train de dire que les examens du bac devraient être ainsi faits qu'on pourrait "pomper" sur le voisin, sur wikipedia en ligne, sur des copains en ligne et connaître les questions en avance (comme l'année dernière) ?
Si je vous ai bien compris, l'enseignement devrait être ainsi fait qu'on utiliserait internet pendant les examens du bac et qu'on communiquerait avec d'autres personnes, tout en rédigeant son texte ?
Pourquoi pas ... Mais que testerait-on dans ce cas ?
Qui a les copains les plus futés ?
Qui sait utiliser les réseaux d'information de la façon la plus efficace et le copier-coller de façon créative ?
Pourquoi pas ...
Il faut juste adapter l'enseignement à cette perspective et décrire le nouveau cahier des charges des enseignants, des évaluateurs. Bien définir les limites du plagiat. Et équiper tous les candidats de matériel performant.
Qui prépare ça pour juin 2013 ?
On ne peut quand-même pas assumer de vivre dans un état policier et avoir encore plus longtemps des écoles-prisons !
Ca dure depuis tellement longtemps, cette évaluation individuelle, qui empêche de "pougner", de consulter ses documents pendant le test, de parler pendant que les autres écrivent.
Sauf qu'on ne parlait pas de prison, on trouvait que c'était normal de délivrer un diplôme sur la base de performances individuelles dans un contexte bien défini.
Dites-moi: suis-je totalement ringarde ou bien me fais-je des illusions sur mes capacités de lecture, acquises au siècle dernier ? :-)))

Écrit par : Calendula | 19/06/2012

En vous lisant on a l'impression de retrouver une ambiance de religion éducative de l'époque Victorienne ou Presbythérienne.Dans la liste de vos interdits on retrouve tous les préceptes religieux qui nous étaient enseignés et incrustés dans la chaire grâce aux coups en tous genres.Mais une fois à l'école obligatoire tellement bien dressés,les maitres n'avaient pratiquement plus rien à craindre d'éventuelles désobéissances
Entre le laxisme complet et le durcissement il faudrait trouver un juste milieu mais comme nous vivons dans un monde du tout ou rien ,y'a encore un bout de chemin avant d'arriver à ce qui nous a permi d'exister et ce dès l'âge de 12 ans,tellement endoctrinés tous se sont retournés et ont transgressé afin de vérifier si ces peurs apocalytiques nées très souvent des années 14-18 étaient réelles ou pas,peurs ayant affecté principalement la gente féminine je tiens à le souligner.Instruire par la peur n'est pas preuve d'intelligence non plus de la part des éducateurs

Écrit par : lovsmeralda | 19/06/2012

"Nous avons les questions, vous avez les réponses!"

Mais c'est du Ségolène Royal, ça. Ah, vous êtes surpris en plein plagiat... Mais bon, heu, je préfère qu'une mouvement annonce la couleur et que j'en discute plutôt que l'inverse. Sinon vous aurez vite les idées de tout le monde, y compris celle qui s'annulent mutuellement.

A part cela certains de vos points de vues m'ont bien intéressé ces derniers temps, mais là franchement non.

D'abord votre constat n'est pas correct: il y a des ordi dans des classes primaires, en tous cas dans certaines écoles. Il y a des iPads au Etats-Unis, de plus en plus, avec des programmes pédagogiques adaptés pour le support. L'audio-visuel fait depuis longtemps partie des outils d'enseignements de certaines matières. Non l'école n'a pas peur de la société de l'information. Elle n'a simplement pas de raison de renier sa fonction qui est de préserver un espace de formation et pas simplement de faire un café internet bis.

Partager hors examen, oui, il y a des pédagogies qui le permettent. Mais pas aux exa où l'on doit démontrer ce qu'il nous reste personnellement des acquis.

Laisser les smartphones à l'entrée des classes, ben oui, cela se pratique parce que les profs en avaient marre de parler dans le vide à des élèves qui échangeaient des sms n'ayant rien à voir avec le programme ou jouaient en ligne pendant le cours... Est-ce l'école que vous voulez?

Et aller sur Facebook pendant la classe? Bah, supprimons l'école, ce sera plus simple. C'est chiant cette école qui veut rendre les gamins intelligents, capables et autonomes, qui veut les former plutôt que de les laisser dans leur troupeau facebookien. Il y aura les quelques-uns qui étudieront dans des écoles privées, et les autres glanderont pour finir comme main d'oeuvre bon marché en Asie. Yo, cool man...

Prison, prison... vous devriez faire un saut il y a 100 ou 150 ans, histoire de goûter la différence.

C'est vrai que c'est la mode de cracher sur ce que l'on a. Surtout sans rien proposer. Ça fait rebelle, les filles aiment ça.

Vivement que l'on n'ait plus rien!

Écrit par : hommelibre | 19/06/2012

Chère Calendula,
Je crois que nous devons cesser d'apprendre à nos enfants à pondre du par cœur lors des examens. Nous avons aujourd'hui accès à la bibliothèque la plus fabuleuse qui ait jamais existé. Nos enfants devraient savoir l'utiliser, la faire fonctionner, l'améliorer, l'analyser et y contribuer.

Nous leur interdisons de l'utiliser... le reste n'en parlons pas.

Non, vous n'êtes pas ringarde. Je n'aime pas ce mot, qui est associé généralement à la mode. Peut-être n'êtes vous pas née avec cet outil. En tout cas, Internet n'est pas une mode.

Quand l'imprimerie est apparue, elle paraissait bien inutile à tous les analphabètes, et pourtant elle a contribué aux révolutions des lumières et aujourd'hui nous n'acceptons pas qu'un individu ne sache pas lire. L'école a du se réformer. D'un coup elle ne devait plus être réservée à une élite, elle est devenue obligatoire.

La changement que l'imprimerie a apporté à notre société est comparable à celui que nous apporte Internet.

Écrit par : Alexis Roussel | 19/06/2012

Cher hommelibre, il y a une différence entre demander aux élèves du respect pour celles ou ceux qui parlent, et d'installer un scanneur à l'entrée de l'école. C'est cette dérive contre laquelle je m'insurge.

Ce n'est pas notre intention de cracher sans rien proposer. Nous proposons un changement de méthode. Nous sommes tous acteurs dans notre Société, et aujourd'hui plus que jamais. Nous avons des propositions que nous avons développées avec cette méthode en terme de droit d'auteur, d'innovation, de gouvernance ou encore sur la protection des libertés individuelles. Pas à pas nous construisons les propositions dans les autres domaines. Vous êtes grandement invité à y participer.
cordialement

Écrit par : Alexis Roussel | 19/06/2012

@A. Roussel,
Certes, je ne suis pas née avec Internet, mais je m'en sers avec quelque bonheur.
Ceci dit, mon père a commencé à travailler chez IBM en 1962 ! :-))

L'école ne se ferme pas à cet outil, mais je pense comme hommelibre, qu'il n'est pas pensable que l'on fasse que cela. Notre vie ne peut se réduire à une navigation permanente. L'école peut et doit être un lieu un peu protégé, en lien avec un passé plus ou moins éloigné. Et un lieu où on encourage les élèves à réfléchir. Déclarer qu'actuellement, on ne demande que de recracher des trucs appris par coeur, c'est méconnaître la réalité.

Revenons à votre billet : l'école est-elle une prison ?
Les examens passés individuellement et sans connaître les questions d'avance est-ce du domaine carcéral ?
Un examen certificatif peut-il être effectué en groupe ?
Recracher des trucs appris - certes, personne ne milite pour le bachotage idiot !
Mais comment définir le plagiat ? Comment valoriser le copié-collé par rapport au bachotage ou du moins l'appris par coeur ?

Je comprends bien le parallèle avec l'imprimerie. Toutefois, l'avènement des bibliothèques en ligne est très récent, nous avons très peu de recul et au lieu de jeter l'anathème sur une institution qui n'a pas encore résolu tous les problèmes amenés par cet outil formidable, essayons de respirer un bon coup et nous demander : comment les jeunes ( et les moins jeunes) vont apprendre à trier dans cette masse énorme d'informations.
Tout doit aller si vite, alors que l'être humain n'est pas encore un micro-processeur.

Avant de parler de prison, on peut réfléchir à ce qu'on veut évaluer.
Le statut d'Internet est d'ailleurs un problème de société qui dépasse le simple cadre de l'école ou du bac.

Écrit par : Calendula | 19/06/2012

Chère Calendula,

Le titre est certainement provocateur, mais il comporte bien un touche d'ironie, pour montrer que dans de nombreux cas l'on préfère ignorer et combattre des nouveaux usages en croyant que le monde n'évoluera pas, plutôt que de les adopter et les adapter.

La comparaison avec le domaine carcéral m'est venue face aux mesures que l'on est en train de mettre en place dans et autour de l'école. Des mesures qui auront vite tendance à faire considérer l'élève lambda comme un fraudeur potentiel. C'est contre cela que je m'insurge.

Vous avez raison de dire que nous avons peu de recul, mais nous savons une chose: l'individu n'est plus un consommateur. C'est un acteur. Cette différence est fondamentale. Vous le dites vous même: comment les jeunes vont-ils apprendre à trier dans cette masse énorme d'informations. Moi je dis: comment les jeunes vont-ils apprendre à contribuer à cette masse énorme d'informations.

Internet n'est pas un problème! C'est une opportunité fantastique qui dépasse évidemment le cadre de l'école. Mais l'école est la base, le début de l'apprentissage.

Écrit par : Alexis Roussel | 19/06/2012

Dans une formation il y a toujours un moment d'évaluation. J'ai enseigné et évalué pendant longtemps dans une école privée pratiquant une pédagogie interactive. L'évaluation s'y fait en différentes étapes. Certaines étapes peuvent être accomplies à deux étudiants; d'autres étapes s'effectuent seul mais avec toute la doc nécessaire: l'important est de voir la capacité de chercher et de trouver, et de faire des synthèses. D'autres étapes encore sont plus classiques: examen avec questions vrai-faux et à développement. Là c'est du par coeur. Un minimum de par coeur est utile pour activer des liens rapidement dans le mental, liens qui ne se feraient pas sans cela; je parle ici en particulier d'anatomie-physiologie. Les étudiants n'ont dans ce cas pas le droit de communiquer ou de chercher dans des documents. Cette phase active basée sur la mémoire est réellement importante: elle préfigure ce qui se passera en cabinet, où les éléments mémorisés s'associeront avec les observations directes pour former peu à peu une image du problème et une dynamique thérapeutique.

Enfin une autre phase est de les voir travailler sur une personne, d'analyser la situation et les signes et de produire une synthèse vérifiable avec un projet thérapeutique adapté. Là non plus ils n'ont pas de communication avec d'autres personnes car c'est sur leur intelligence, leur capacité de lecture et d'observation, de déduction et de synthèse qu'ils sont évalués. Les phases d'évaluation en solitaire sont nécessaires, et la formation doit les y préparer - donc les y confronter avant.


Pour ce qui est des scanners, dit comme cela c'est un peu brut, mais il faut voir la situation particulière. Si c'est essentiellement lors d'examens du bac comme vous le dites, cela ne me choque pas. Il y a des centaines ou des milliers d'élèves qui passent le bac au même endroit, on sait que beaucoup vont tenter de tricher avec tous les moyens possibles, et il est difficile de leur faire une fouille au corps! Ce serait incommodant et beaucoup trop long. Donc tant qu'à contrôler qu'ils ne trichent pas et qu'ils n'ont pas d'appareils pour cela (car cela sera fait de toutes façons quel que soit le moyen), pourquoi ne pas justement ne pas employer les technologies modernes?

Écrit par : hommelibre | 19/06/2012

Ce qu'il faut constater c'est que beaucoup de gamins ont accès à internet avec des ordinateurs très performants.La difficulté est qu'ils se retrouvent au même point qu'un jeune qui emprunte le véhicule de papa, sans avoir le permis de conduire et sans savoir ou aller!

Internet comme l'ordinateur sont effectivement comme l'invention de l'imprimerie ou de la voiture. C'est l'avenir, encore faut-il éduquer les gamins sur l'enjeu et les possibilités immenses de cette technologie. Les entreprises vont trop vite par rapport à l'éducation. A moins que ce soit le contraire?

L'éducation parentale n'en parlons; pas elle est obsolète face aux nouveaux défis et services ou l'ordinateur, internet, les nouvelles énergies et les nouveaux moyens de communications, n'auront plus rien à voir avec ce que nous connaissons. Il faudra produire de l'énergie et du sens au lieu de consommer comme un veau.

Les connaissances seront dans l'ordinateur, par contre la culture, la pratique des Arts seront plus adéquat pour fonctionner et réussir que l'enseignement du perroquet à qui on fait avaler et recracher des âneries avec un beau diplôme qui confirme la médiocrité de son propriétaire.

Les enseignants ont un atout, le talent; encore faut-il qu'ils soient formés et convaincus du nouveau monde qui va se mettre en place de gré ou de force...

Écrit par : ramdam | 19/06/2012

Ramdam:

Je suis d'accord que l'éducation parentale est aujourd'hui très difficile. Un enfant (petit ou grand) reçoit des quantités d'informations et de modèles de partout. Les parents sont nettement mis en concurrence. Mais je ne pense pas qu'elle soit obsolète.

Il y a toujours une valeur d'exemple, voire de confiance qui se construit, ou de confrontation parfois. Cela passe par des personnes physiques. Un écran ne peut pas faire cela. Il faut passer par le corps pour établir par exemple les limites et les pouvoirs. L'ordinateur, les réseaux, n'éduquent pas, n'enseignent pas et ne montrent pas des valeurs et modes de fonctionnement. Laissés à l'ordi sans le repère parental il n'y aura plus d'éducation.

J'ai écrit il y a deux ou trois ans un billet sur l'absence du père et le ressenti des filles par rapport à cela. Il y vient encore aujourd'hui des commentaires de filles ou de femmes. C'est fou comme le repère parental reste important, en positif ou en négatif.

Écrit par : hommelibre | 19/06/2012

Cher A. Roussel,
Ce n'est pas en collant une étiquette excessive que vous instaurez un dialogue
fructueux avec des interlocuteurs de votre choix, p.ex. les instances scolaires.
Je sais bien que vous vous nommez "pirate", mais c'est par votre propre choix. L'école n'a peut-être pas l'ambition de s'appeler "prison".

L'objectif d'un contrôle des smartphones n'est pas seulement répressif. Il s'agit de jouer cartes sur table et d'être équitable.
Car le cadre pour gérer le copier-coller, ni les différences d'équipement (inégalité entre les candidats) n'est en place.
Car l'année dernière, au bac en France, certains ont eu connaissance des questions d'une épreuve en avance, d'autres pas. C'était quand-même drôlement inéquitable.
Les règles du jeu doivent être connues d'avance, elles doivent être les mêmes pour tous. De mettre en place un encadrement sécuritaire fort est peut-être une façon de dire : nous ne savons pas que faire d'autre, pour le moment, mais nous assurons des conditions uniformes pour tous les candidats.

"Des mesures qui auront vite tendance à faire considérer l'élève lambda comme un fraudeur potentiel. C'est contre cela que je m'insurge."
Quand étiez-vous à l'école pour la dernière fois ?
La fraude et les tentatives les plus créatives ont existé de tout temps. Le jeu du chat et de la souris ne date pas de l'invention du natel !
Le smartphone et consorts sont des outils puissants. Si je comprends bien, vous aimeriez que les tests soient élaborés en vue d'une passation avec smartphone.
Avec de nouveaux paramètres. Lesquels ? Je pense donc au plagiat, au copier-collé, à cet alignement impersonnel d'informations glanées à la hâte.
Ou alors, est-ce qu'on abolit le bac, la matu, tout diplôme qui demande d'attester d'un savoir personnel accumulé et on décrète:
la certification des futurs artisans, juristes, universitaires en général, médecins, avocats, techniciens, infirmiers, employés de banque etc se fera sur la base de leur capacité à jongler le plus vite possible avec un smartphone ou un pad donné.

Je vous cite à nouveau :"nous savons une chose: l'individu n'est plus un consommateur. C'est un acteur. Cette différence est fondamentale"
Je vous laisse le bénéfice du doute, quant aux adultes. Je suis moins sûre quant aux écoliers.

Selon moi, nous n'acquérons pas tous le savoir de la même façon. Certains sont autodidactes, d'autres ont besoin d'être en interaction avec des pairs, d'autres avec des personnes savantes. Certains ont besoin de toucher et de manipuler, d'autres seulement d'écouter.
La navigation sur Internet convient peut-être à ceux qui ont moins besoin d'interaction humaine directe ou ceux qui n'ont pas besoin de manipuler.
Si nous décidons de privilégier un moyen particulier, et cela sans en avoir véritablement les moyens matériels (pensez au coût d'un équipement par tête de pipe et à la dépense énergétique à la production, à l'utilisation et au recyclage des composantes), nous nous lançons dans une voie qui me semble déraisonnable.
Rien ne remplacera une tête bien faite. Même en prison, un être qui a appris des choses par coeur aura des choses à se remémorer.

Écrit par : Calendula | 19/06/2012

C'est un bon blog. Il faut libérer le net et développer via ce média des nouveaux talents. On a besoin d'une nouvelle génération pour faire une révolution.

Écrit par : bol chantant | 19/06/2012

"Homme Libre" ce que je veux faire ressortir c'est l'inaptitude de beaucoup de parents qui "offrent" du matériel informatique aux gamins, sans se préoccuper du reste.

Il faut aussi remarquer le décalage important des savoirs, des visions de l'avenir des adultes, avec les possibilités de l'outil et de l'adaptation des gamins à se servir de celui-ci.

Bien sûr que l'enseignement aura toujours besoin de parents et des enseignants "personnes physiques." Actuellement, les parents ne sont pas ou peu informés et formés. Les enseignants n'ont pas le temps ou les moyens de fonctionner en symbiose avec les entreprises. Il faut d'avantage d'intervenants extérieurs dans l'enseignement. C'est une autre politique, une autre pédagogie, une autre procédure.

Aucun diplôme ne peut préciser si la personne a une aptitude à entreprendre dans ce monde chaotique, ou les diplômés, salariés de base, seront réduits à attendre la soupe populaire ou un emploi. Valider ses acquis, oui, mais lesquels et pour faire quoi? On constate partout en Europe et dans le monde, qu'il y a de moins en moins d'emplois de masses, par contre de plus en plus d'emplois "pointus" il va de soit que les nouvelles données en communication, en énergie, en technologie vont faire exploser de nouvelles fonctions, invisibles mais déjà présentes....

C'est le statut du salarié qui est remis en cause avec son éducation.

Écrit par : ramdam | 19/06/2012

CXalendula:

"nous n'acquérons pas tous le savoir de la même façon". C'est reconnu en effet. L'apprentissage n'est pas uniforme. Les auditifs et les tactiles sont prétérités avec les moyens visuels (écrans).

L'écran ne permet de fixer que des séquences incomplètes. La fixation des données présente des lacunes. Cela crée une dépendance à l'égard du média et de la technologie. La structuration des connaissances est également incomplète, comme une toile d'araignée avec des trous, ou comme des fixations sur quelques points sans voir l'ensemble.

Je le vois avec des étudiants qui ont des lacunes en français. Ils reconstituent des mots ou des phrases de manière aléatoire ou phonétique. Ce n'est plus vraiment du français, la langue se délite. Internet est un super outil en complément, ou quand on a déjà une base et que l'on continue à construire son propre édifice. Mais pour moi il ne peut être un outil central. Les programmes d'enseignement sont faits pour construire un ensemble. Internet ne peut s'y substituer.

L'outil central c'est la transmission directe, avec un enseignant qui voit les difficultés et qui a des pistes pour tenter d'y remédier. Un enseignant qui parfois doit répéter trois fois la même chose de trois manières différentes pour que cela passe. Un enseignant qui sache donner envie d'en savoir plus que ce que l'on peut voir à l'écran. Qui ait le recul pour faire analyser ce qui est montré.

La pratique est également essentielle à l'apprentissage. Une étude avait été faite par Roger Mucchielli, selon laquelle faire soi-même obtenait les meilleurs résultats pédagogiques. L'élève retient:

10% de ce qu'il lit
20% de ce qu'il entend
30% de ce qu'il voit
50 % de ce qu'il voit et entend
70% de ce qu'il dit
90% de ce qu'il dit en effectuant une tâche qui s'y rapporte

En résumé : si je consomme (lire, entendre) , je retiens 20 % ; si je fabrique (faire quelque chose par soi même) je retiens 90 %.

Dans ce sens je rejoins Alexis sur la nécessité d'un apprentissage coopératif (mais pas centré sur les nouvelles technologies). Apprendre sans comprendre est d'un triste!

http://www.laclassedelucie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=7&Itemid=7


Aussi formidable que soit Internet il développe entre autre une surconsommation d'informations, mais pas l'esprit critique ni la mise en perspective pratique. Il faut avoir une grille pour analyser de façon critique. Or Internet ne la donne pas. Il faut donc quelqu'un, un prof, qui soit plus "haut" (c-a-d. plus global et avec du recul) pour amener le regard critique.

Mon sentiment est que c'est moins le système qui est en cause que "l'excellence" de l'utilisation de tous les outils qu'il propose et celle des enseignants. S'il y a quelque chose à faire progresser dans le système, c'est d'aller vers plus d'excellence.

Écrit par : hommelibre | 19/06/2012

Ramdam:

Oui, c'est un autre aspect: quels acquis et pour quoi en faire?

La symbiose avec les entreprises est une nécessité: on ne peut former dans le vide, sans savoir à quoi cela va aboutir. Mais vous savez peut-être que cette idée est très critiquée parce qu'elle mettrait donnerait trop de place au business (l'entreprise) dans la détermination du programme.

La critique a par exemple été faite en France lors de la privatisation des Universités.

On sort un peu du débat sur les "écoles-prisons" mais cela en vaut la peine. Les études étaient anciennement plus fondées sur les "humanités": latin, français, des matières qui forment l'esprit mais ne conduisent pas aux nombreuses et différentes professions d'aujourd'hui. Il y a un équilibre à trouver entre: former l'esprit et apprendre des choses qui font accéder à un métier. Le latin ne sert à rien pour travailler avec internet.

Internet ne peut remplacer le bon usage de la langue. Comme vous le soulignez il y a de moins en moins de métiers de masse, qui ne demandaient pas de connaissance particulière de la langue. Par contre aujourd'hui un bon informaticien qui envoie un CV et une lettre de motiv bourrés de fautes et de non-sens grammaticaux, ça ne passera pas.

Relier l'école et l'entreprise passe par la maîtrise des nouvelles technologies de l'information. En cela Alexis a raison: apprendre par coeur les dates des batailles historiques ne forme pas à grand chose. Ce genre d'infos, en effet on peut les laisser sur le net. Elle sont moins importantes à mémoriser. Même certaines descriptions historiques peuvent être laissées sur Internet. Mais iternet ne vas pas pour tout à mon avis.

Écrit par : hommelibre | 19/06/2012

Ce que vous montrez, hommelibre, illustre non seulement la nécessité d'approches différentes, mais également celle de l'approfondissement.
Les pourcentages de Mucchielli montrent, à mon sens, qu'idéalement, il faudrait
arriver aux 90% dans tous les apprentissages. Cela implique d'avoir le temps, en plus des moyens.
Pour l'apprentissage d'une nouvelle langue, ces pourcentages sont particulièrement convaincants.

Je rappelle, que nos échanges ont lieu ici à l'occasion de la problématique d'une évaluation certificative au niveau national et des conditions de passation de celle-ci.
Toute la pédagogie qui précède ce moment-là est à prendre en considération.
Et c'est un autre sujet, un vaste sujet, s'il en est !

Je prétends, qu'en lisant le billet ci-dessus, en réfléchissant à son sujet, en écrivant, en prenant en compte les réponses et commentaires des uns et des autres, je me trouve dans un processus d'apprentissage en utilisant Internet comme outil. Le site québécois est typiquement une mine d'informations.
Mais je ne suis pas dans une situation d'évaluation. :-)

Écrit par : Calendula | 20/06/2012

@Alexis Roussel,vous semblez ne pas admettre que des parents aient envie de sécuriser leurs enfants en mettant des limites à leur utilisation facebookienne et les factures et éventuels autres ennuis qui peuvent en découler alors ? encore une fois ce sont les parents quii doivent éduquer et non pas un quelconque programme informatique très souvent en mains délictueuses.Parcontre il est à souhaiter que de nombreux enfants en viennent à contrôler leurs parents au travers d'écrits sur certains blogs,pour une fois ce serait intéressant de savoir comment eux réagissent face aux attaques harcèlements virtuels soit mais qui peuvent être dommageable,je pense aux attaques envers monsieur Stauffer et DSK.Beaucoup de lecteurs ont quitté Le Matin justement pour éviter ces propos pervers et souvent dénaturés de la part de gens ne connaissant même pas leur victime virtuelle,soit je l'admets encore cependant si les ados s'en prennent à *leurs vieux* comme ils disent cherchez l'erreur.Ensuîte on s'étonne du pouvoir toujours plus grand sur l'envie par de nombreux groupes de s'occuper davantage de l'éducation enfantine,on comprend mieux dés lors les raisons

Écrit par : lovsmeralda | 21/06/2012

Bonsoir,
L'article suivant a attiré mon attention dans la TdG du jour, et il figure également sur le site :

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/eleves-piratent-notes-epreuves/story/29519482

Cela montre bien que les élèves mettent beaucoup de talent et de créativité en oeuvre pour essayer d'obtenir de bonnes notes.
Avec ou sans smartphone ...

Écrit par : Calendula | 23/06/2012

A tous, je vois que ce petit billet à permis de déclencher une petite discussion intéressante. C'était évidemment le but.

@Calendula vous avez effectivement participé à un tout petit exemple de travail collaboratif. C'est notamment ce genre d'exercice que nos enfants devraient apprendre, et aussi éviter les écueils comme le fameux trolling.

Votre dernière référence est intéressante, et c'est un cas bien trop fréquent, vu le niveau de la majorité des systèmes informatiques de l'école. Au lieu de subir, les écoles devraient travailler avec les élèves.

Écrit par : Alexis Roussel | 24/06/2012

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