Parti Pirate

Nos données sont précieuses ! Défendons-les !

14/08/2012

A l'annonce d'une nouvelle transmission de données personnelles d'employés de banque, le préposé fédéral à la protection des données déplore son manque de moyens. Celui-ci était déjà connu, et devient même criant pour sa collègue cantonale à Genève. La préposée genevoise a vu son budget réduit d'un tiers parce que ses activités dérangent. Couper ses moyens d'action est considéré comme plus facile que d'adapter les habitudes de travail au sein des institutions. Si les moyens du préposé avaient été suffisants, peut-être aurait-il pu éviter ou atténuer la transmission des données par les banques ?

Mais coincées au milieu d'une guerre économique qui décidera de l'endroit où ira se cacher l'argent des fortunes de notre monde, ses données sont bien peu de choses. Il semblerait que les banques soit prêtes aujourd'hui à vendre leurs employés pour obtenir un répit. La bataille des données personnelles vient s'immiscer dans une guerre économique qui dépasse nombre d'entre nous et les employés n'en sont qu'un dommage collatéral.

Plus de 11.000 noms sur la première liste, combien sur la deuxième ? On conseille à certains de ne plus quitter la Suisse, des enfants sont retenus pendant 6 heures par les douaniers américains pour un interrogatoire. Leur crime ? Leur père travaille dans un banque, et son nom figurait sur la fameuse liste. Les familles sont devenues des cibles. On peut penser que d'autres anecdotes peu sympathiques continuerons à circuler, sans compter les risques de rumeurs.

Si transmettre des listes de noms n'est pas une méthode nouvelle, dans un monde où l'information est globalisée, elles ont un autre impact. Le droit à l'oubli ne peut pas techniquement s'exercer. Et nous pouvons faire confiance aux autorités américaines d'utiliser avec ces listes leur infrastructure de surveillance mise en place pour lutter contre le terrorisme. Dés l'instant qu'une personne sur cette liste embarque dans un avion, une alarme s'allume outre-atlantique. Et si vous êtes un homonyme, dommage pour vous, les ordinateurs ne font pas la différence. La divulgation de ces données vient directement atteindre et restreindre les libertés individuelles de nos concitoyens. La liberté de se déplacer mais aussi la présomption d'innocence sont ici bafouées.

Quand les libertés de nos concitoyens sont sacrifiés en masse pour assurer un répit temporaire dans cette guerre économique, nous devons nous questionner. Nous devons absolument renforcer le rôle du Préposé. Nous devons renforcer la protection des données privées en Suisse. Nous devons prévoir des sanctions pénales en cas de violation des règles de protection des données. Et nous devons développer les outils qui permettront de protéger nos données. Le Conseil Fédéral, quant à lui, a préféré privilégier les intérêts économiques à la sécurité de nos citoyens.

Commentaires

Excellent billet qui remet un peu l'église au milieu du village !

N'est-ce pas indigne d'un pays que de livrer ses propres ressortissants à la juridiction d'un état étranger, autant dire à la curée, sans même se préoccuper des conséquences pénales et civiles d'un tel comportement ?

Ici on fait clairement passer les intérêts économiques avant l'intégrité de la personne humaine. C'est inadmissible et scandaleux !

Si des banques suisses ont enfreint les règles de droit américaines, c'est à elles en tant que personnes morales qu'il incombe d'en répondre, pas aux employés-lampistes qui n'ont fait que de se conformer aux directives de leurs employeurs.
Quand bien même certains de ces employés auraient pris des libertés à l'égard des règles professionnelles, de l'éthique de la profession ou de leur contrat de travail, c'est devant un tribunal suisse qu'ils auraient à rendre des comptes pour des faits commis en Suisse.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 14/08/2012

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