Parti Pirate

Rendre le vote électronique vérifiable

09/11/2012

publié dans la TdG du 9 novembre 2012
 
Le Parti Pirate a débuté récemment l'étude du code source du logiciel du vote électronique genevois. Ce contrôle citoyen est le premier du genre. Il s'agit d'étudier les 75'000 lignes du code informatique et de s'assurer de son bon fonctionnement. 
 
Le vote par internet n'est pas l'e-banking
 
Nous faisons confiance quotidiennement à l'Internet pour nos transactions bancaires. Mais contrairement au e-banking, le vote électronique doit assurer l'anonymat du votant. En même temps, le vote électronique doit garantir que le vote individuel a été pris correctement en compte et que le calcul des résultats a été réalisé sans erreurs. Cette technologie est donc différente du e-banking. C'est une technologie naissante qui doit encore convaincre.
 
Aujourd'hui, le vote électronique est certainement organisé avec méthode et professionnalisme par les services de l'État. Mais les moyens de contrôles, impliquant notamment la Commission électorale, ne répondent pas aux critères de vérifiabilité souhaités par la chancellerie fédérale. Les citoyens devraient notamment pouvoir recalculer eux-mêmes les résultats. Le logiciel devra évoluer et s'adapter à ces contraintes.
 
Avec notre système actuel, la collecte d’éléments permettant la contestation des résultats d'un vote électronique suite à un dysfonctionnement ou une fraude informatique n'est pas possible. Lors de notre étude, nous nous efforcerons à identifier et proposer des améliorations rendant possible un contrôle effectif. Cette démarche est importante, car de nouveaux contrôles s'imposent avec l'apparition de nouveaux outils. Nous sommes en train de vivre une révolution numérique qui renverse nombre de nos concepts présents dans notre société.
 
La fin de la culture du Secret
 
Le partage sans limites des données que permet Internet a sonné le glas de la culture du secret, souvent au grand désespoir de nos gouvernants. Si jusqu'à présent la sécurité était assurée par le secret, c'est maintenant l'ouverture et la transparence des données et des systèmes informatiques qui garantissent leur sécurité. Le logiciel de vote électronique n'échappe pas à ce changement de paradigme et doit s'ouvrir s'il veut pouvoir conserver sa crédibilité.
 
S'attaquer de front à cette culture du secret n'est pas une chose aisée. La préposée cantonale à la transparence en fait régulièrement les frais. Malheureusement, nous ne pourrons pas dévoiler comme nous le souhaitions l'ensemble du code et de nos conclusions. La confidentialité imposée par l'État nous interdit de partager les résultats dans une transparence absolue. Il nous a entre-ouvert la porte, mais devra persister dans son effort d'ouverture et de transparence.

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