Parti Pirate

L'Uni de Genève fait de la promotion contre nature?

26/04/2013

Article rédigé par Baptiste Mesot (Parti Pirate Genevois)

 


ompi.jpgCurieuse publication ce matin sur la page FaceBook de l'Université de Genève. Étant moi-même formé en cette institution, il m'est apparu normal de lire ces quelques mots et de suivre le lien les accompagnant. Fort méchante idée, l'organe sus-dit me souhaitant : « une excellente journée mondiale de la propriété intellectuelle! », accompagné à son tour d'un lien vers le site de l'OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle).

Cela vous semble-t-il naturel ? Si vous êtes déjà révulsé par ces simples faits, la suite ne vous est que très peu destinée. En revanche, si cela vous indiffère ou pire vous trouvez cela normal, je vous prie de bien me donner un peu de votre temps et de lire ce qui suit.

Un problème déontologique se pose sur le principe même. A l'interne de l'université, et je l’ai reçu sur papier glacé lors de mon inscription dans l'établissement, il existe une charte d'éthique et de déontologie, prônant « la recherche de la vérité et la liberté de l’enseignement et de la recherche ». Or je m'explique fort mal comment de tels buts puissent être atteint par la propriété intellectuelle. A quoi ressembleraient les mathématiques si chaque fois que l'on démontrait un théorème ou on l'utiliserait, il fallait verser des dividendes à un organisme qui en détiendrait les droits ?

A l'inverse, les sciences dures devraient être un modèle pour la réforme des droits d'auteur. On parle du théorème de Pythagore, on ne lui verse pas de droits. Il s'agit d'une reconnaissance par les pairs. La reconnaissance par les pairs ne nourrit pas, objecterez-vous, mais vous seriez dans l'erreur. Car cette reconnaissance permet un mécénat de qualité, ce qui fut le cas en art et en science durant des longues périodes de notre histoire. A l'heure actuelle, du net et de l'interaction directe entre les sources de culture et leurs cibles, le mécénat devra venir du peuple. Si un film a du succès, cela ne sera plus dû à un mécénat forcé des maisons de production, mais grâce aux cinéphiles. Ainsi le public pourra promouvoir directement ce qu'il aime en étant lui même le soutien financier direct.

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L’université prône la liberté de recherche, et ne peut évidemment pas soutenir la journée mondiale de la propriété intellectuelle. Elle porte en son sein un autre modèle. Si chaque avancée doit être brevetée (selon les normes de l'OMPI), la recherche engendrera de plus en plus de frais, chaque recherche se basant sur des précédents travaux. Il n'est donc pas sain que le modèle de l'OMPI soit mis en valeur par le formateur des générations futures et le créateur des savoirs de demain.

Baptiste Mesot
Parti Pirate Genevois

Commentaires

Le problème principal de ces organisations internationales, telle l'OMPI, c'est qu'elle soumettent les citoyens à un corpus législatif décidé hors de tout cadre démocratique, où les lobby industriels règnent en maître.

Écrit par : Djinus | 26/04/2013

J'ai bien peur que vous ne mélangiez un peu les choses.

Premièrement, les théorèmes dont vous parlez sont plus de centenaire. Ensuite, tous les droits de propriété intellectuelle ne sont pas protégés indéfiniment. Il faut également clairement distingué entre droits industrielles et droit d'auteur. Enfin, il faut savoir que tout ne peut pas être protégé par de tels droits...

Et puis, il y a bien les journées de la femmes, des enfants, la fête du travail, etc. Je ne vois pas véritablement de problème éthique...

Écrit par : Valentin | 27/04/2013

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