Parti Pirate

Droit d'auteur: Quand AGUR12 rate sa cible

17/12/2013

Le groupe de travail AGUR12 a rendu son rapport à la demande du Conseil Fédéral. Rien de très exceptionnel, mais surtout le groupe n'a pas su intégrer les nouvelles dynamiques de notre société connectée. Au bout du compte, notre plus grande chance peut-être est que ce rapport ne débouchera que sur peu de changements. Au pire, il ralentira l'innovation tant nécessaire.

Une campagne d'information: voilà le point majeur! L'idée est de vous faire comprendre que nous, simples consommateurs, devons suivre les règles complexes du droit d'auteur venant d'un temps où les moyens de distribution de la culture se concentraient entre les mains de quelques intermédiaires. C'est à nous de nous adapter !

Pathé Lausanne a retiré une telle campagne de ses cinémas la semaine dernière. Comment faire comprendre à une salle pleine de spectateurs ayant payé le prix fort qu'ils ne doivent pas télécharger des films au risque de tuer l'industrie ? Toutes les campagnes de culpabilisation n'ont jamais eu aucun des effets recherchés. Une nouvelle campagne aura pour seule conséquence de dépenser de l'argent bien nécessaire à développer l'offre légale, les solutions innovantes, la création d'emplois et le soutien aux artistes.

L'innovation est la grande absente des propositions. Le Parti Pirate avait déjà recensé les modifications nécessaires au droit d'auteur permettant à cette innovation de se développer. Légalisation du partage non-marchand, réduction à une durée raisonnable de la protection des droits sont les bases indispensables. Mais le plus grand combat est celui de la compréhension de mécanismes des réseaux. AGUR12 démontre qu'il n'a pas saisi ces changements.

Heureusement l'humain a soif d'innover et les expériences ne manquent pas. Des informaticiens travaillent par exemple à inclure dans le protocole bitorrent, utilisé pour échanger des fichiers, des mécanismes de paiements distribués. Un auteur pourrait alors inclure l'adresse de donation directement dans le fichier.

Tout ce temps que nous passons à tenter de sauver un système dépassé, nous ne le passons pas à construire notre culture de demain...

Les propositions d'AGUR12

Lire aussi l'excellent article de Tengu qui décortique les propositions

Commentaires

Votre naïveté est confondante... Des donations? La bonne blague. Je me réjouis de vous lire vous offusquer lorsque vous n'aurez plus rien à télécharger parce que personne ne produira rien qu'il doive financer mais qu'il ne puisse ensuite rétribuer. Je ne sais pas en quelle année de primaire vous vous êtes arrêté dans vos études, mais je vous conseille des cours du soirs en économie, vous verrez, ils en font pour tous les niveaux! C'est d'ailleurs toute la différence entre ceux qui réussissent dans la Silicon Valley et le petit informaticien frustré qui peuple les départements IT de nos banques: ces mecs en Californie comprennent le business.

Écrit par : QueFaire | 17/12/2013

Donc vous avez crée un parti juste pour pouvoir télécharger gratos? Ah ah, ça c'est du programme, vous êtes un petit comique. Et j'adore vos pseudo justifications philosophiques. Moi j'aime le ski mais ça me dérange de payer, je vais fonder le parti des rebelles pour dire que les montagnes sont à tous et je vais demander à ce que ce soit gratuit, na. Tiens, pendant que j'y suis, moi ça m'embête de payer les informaticiens et mes notebooks, je peux plutôt faire une donation à mon bon coeur? Bien sûr, je vous donnerai jamais rien, mais c'est comme ça la société de l'information mdr.

Écrit par : Ahahahah | 17/12/2013

@QueFaire: pourtant, il y a un site qui produit du contenu, qui est consulté 20 milliards de fois par mois, avec un budget de plusieurs dizaines de millions de dollars US, entièrement financé par des donations. Et le pire, c'est que tout le contenu qui est dessus est librement distribuable et réutilisable par tout un chacun. Je ne suis pas spécialiste, mais c'est à partir de quel niveau, les cours d'économie qui donnent l'exemple de Wikipédia ?

Écrit par : Frédéric | 18/12/2013

Comme tu y vas Fred.
Bientôt on va sous-entendre que des pans entiers de la production musicale aujourd'hui ne dépendent plus de la propriété intellectuelle, puisque la seule partie rentable de la production sur laquelle on peut marger correspond à la performance live.

Ce qui est bien avec Internet, encore mieux que les cours du soir : il y a des sous-titres !
http://www.ted.com/talks/amanda_palmer_the_art_of_asking.html

Écrit par : Shalf | 18/12/2013

@QueFaire Affirmer que le business model de la rente n'est pas le seul qui puisse financer la création, ce n'est pas de la naïveté ; c'est faire preuve de conscience historique !

Écrit par : Kelson | 18/12/2013

Cher Quefaire. Vous n'ignorez pas que la plus vieille forme de contribution à la culture est le mécénat qui n'est qu'une forme de donation. Cela n'empêche pas à un artiste de se faire payer avant une prestation, un concert par exemple ou même de vendre des disques. La seule loi économique qui compte ici est celle de l'offre et de la demande.

Cher Ahaha... la réponse est non. Je suis disponible pour répondre à vos questions et critiques. Si vous le souhaitez.

Écrit par : Alexis Roussel | 18/12/2013

La réponse est non. Tiens donc, donc, vous, travailler gratis ça ne vous plaît pas. Par contre, ceux qui font un film avc un budget de 150 millions de $, eux, ils doivent travailler gratis, tout comme l'artiste qui fait un album et doit ensuite le donner gratos. Je ne sais pas dans quel monde vous vivez mais moi j'appelle ça du vol. Mais je dois être un odieux rétrograde, ohhh le vilain, il trouve normal de payer de contenus, ouh le loser!

Écrit par : Ahahah | 18/12/2013

@Ahahah

1 - Des millions de gens travaillent "gratis" comme vous dites, en Suisse aussi ; et c'est bien !
2 - La musique enregistrée ne rapporte que peu d'argent aux artistes (~10% prix de vente). À part quelques "stars", la plupart touchent très peu ou pas. Les premiers bénéficiaires de la vente de musique enregistrée sont les commerçants (en particulier les maisons de disque).
3 - Le business de la musique enregistrée n'existe vraiment que depuis cinquante ans ; nous arriverons bien à vivre sans (pour peu qu'il disparaisse).
4 - La vente de vidéo enregistrée ne joue qu'un rôle mineur, en général, dans le financement du cinéma. Par ailleurs, en Suisse, les chiffres de fréquentation des salles atteignent des sommets. Il n'y a donc pas péril en la demeure.
5 - Si il n'y a pas de budget pour faire un film à 150 millions, on fera avec moins ; c'est déjà de toute manière le cas de 99% des films.

Je ne pense pas pour ma part que vous êtes rétrograde, il semble plutôt que vous soyez assez mal informé sur l'économie de la culture. Les industries du divertissement feraient bien de faire comme n'importe quel entrepreneur : écouter et s'adapter au marché au lieu de culpabiliser leur clientèle, demander des lois pour surveiller/punir les Suisses.

Écrit par : Kelson | 18/12/2013

1. Ah oui? Et je peux savoir de quoi ils vivent?
2. Même si c'est vrai, ces gens emploient du monde, qui sera viré. Et cela reste du vol de toute façon, ne vous déplaise. Non, je ne suis pas artiste.
3. Vous oui, ceux qui en font leur métier non. Cet égoïsme est consternant.
4. C'est possible mais ce n'est pas la question. Pourquoi dès lors acceptez-vous de payer quand vous allez au restaurant? Il faudrait exiger la gratuité!
5. Sand doute mais moi j'aime les films beaux et spectaculaires, qui coûtent chers.

Ce qui va arriver ce sera: les pouvoir publics vont payer (donc vous) donc une gratuité factice ou la publicité va payer (et donc vous verrez vos films avec des pubs incluses dans la bande) donc une gratuité factice. Le gratuit, c'est une illusion typique d'internet.

Écrit par : Ahahahah | 18/12/2013

@Ahahah

1 - Grâce à un revenu de transfert
2 - De quoi parlons nous exactement : d'assurer des emplois ou d'assurer une création culturelle ? Pour le reste ce n'est pas parce-que quelque chose est répéter : "c'est du vol", que cela devient une vérité, surtout sans argumentation derrière. Le terme de "vol" est d'un point de vu légal faux d'ailleurs.
3 - Les Suisses ne sont pas là pour "entretenir" des activités dont la valeur ajoutée a disparu (devenues inutiles). Il faut savoir s'adapter. C'est facile en Suisse, le secteur n'est pas très important.
4 - Vous ne pouvez pas comparer l'économie de bien rivaux et celle de bien non-rivaux. C'est un peu abstrait comme formulation, mais si il fallait imager cela, on peut dire que je peux copier facilement un film/musique/... sans déposséder personne ; alors que si je mange votre dessert, il faudra vous contenter du café (cela explique pourquoi on paye au restaurant).
5 - Si vous êtes suffisamment nombreux à aller en salle de cinéma (et c'est le cas et cela ne devrait pas changer) alors ils continueront d'exister. Ce n'est pas autoriser le transfert de copies de DVD en P2P sur internet qui changera vraiment la donne.

Concernant le financement de la culture, il est clair que d'une manière ou d'une autre un transfert doit s'effectuer entre ceux qui consomment et ceux qui créé (les deux groupes n'étant plus forcément aussi distincts qu'auparavant). Il faudrait déjà identifier où sont les vrais problèmes (comme ont la vu, certaines industries crient au loup alors qu'en fait il n'y a pas de véritable danger) et ensuite discuter de solutions de financement alternatives. Je n'aurai pour ma part aucun problème de payer 10-20 CHF par mois en plus sur mon abonnement internet pour soutenir la création culturelle.

Dire que "rien n'est gratuit" est aussi faux que dire "on obtient rien sans payer" ou encore "personne ne fait rien sans être payé". Les exemples sont multiples (on en a donné sur cette page - et pas des moindres) et il suffit d'ouvrir les yeux pour s'en rendre compte.

Écrit par : Kelson | 18/12/2013

Une chose importante, et qui semble paser complétement à coté de ceux qui critiquent la violation du droit d'auteur, c'est simplement qu'Internet ouvre un accès au divertissement par le marché illégale pour lequel, en plus de 10 ans que le problème existe, aucun diffuseur de contenu n'a été foutu de trouver une alternative légal!!!
Je veux regarder une série, je la télécharge et la regarde.
Je veux le faire légalement, je fais comment? J'attends deux ans, une disponibilité en DVD, et pour avoir le droit de payer pour cette serie je dois me rendre en magasin, perdre mon temps, un peu si tout vas bien beaucoup plus si le produits que je cherches n'est pas/plus/pas encore disponible pour devoir raporter des coffrets qui vont ensuite prendre de la place de rangeemnt chez moi.
Pour ensuite pouvoir les lire il me faut un lecteur DVD/Bluray/blueray 3d, car bien sûr un lecteur acheté une année est obsolète l'année suivant grace aux merveilleuses innovation d'une industrie de la distribution cinématographique en pointe pour offrir des désagréments à leurs utilisateurs. Et pour enfin voir une série avec 1 an de retard que j'aurais du payer je dois encore m'amuser a manipuler des disques pour passer d'un épisode à l'autre. C'est pas difficile sans le contenu illégale je ne serais pas plus rentable pour l'industrie du divertissement car je ne serais simplement pas client!

Écrit par : Sarat0ga | 18/12/2013

Je vous mets au défi de me citer UNE seule chose gratuite.

Écrit par : Ahahah | 18/12/2013

@Ahahah

D'habitude les parents ne sont pas payés pour élever/éduquer leurs enfants.
C'est gratuit. Si vous m'êtes toujours pas convaincu, mettez-vous un sac plastique sur la tête, vous comprendrez alors en 10s qu'il existe des choses indispensables qui sont gratuites.

Écrit par : Kelson | 18/12/2013

Vos exemples n'ont rien à voir avec la question et vous le savez très bien. L'air n'est pas produit et l'éducation n'est pas payée? Faux, archi-faux. L'éducation est au contraire un énorme investissement. Cela dit, là n'est pas le débat. Pour vous orienter je parle de litotes du genre de ceux que votre Parti promeut: "Wikipedia est gratuit". Si c'était vrai, ils n'organiseraient pas des campagne de dons.

Écrit par : Ahahahah | 19/12/2013

Si par "Wikipédia n'est pas gratuit" vous entendez "la création de Wikipédia nécessite un investissement", vous avez raison. Le temps passé pour créer Wikipédia a de la valeur, de la même façon que le temps passé par des parents pour éduquer leurs enfants. Personne ne prétend que les contenus culturels naissent spontanément, et il ne me semble pas que quelqu'un l'ait prétendu dans cette discussion. La question, puisque vous avez à coeur de recentrer le débat, était de savoir s'il existe des modèles dans lesquels la création de contenu culturel ne dépend pas d'un paiement direct par l'utilisateur de ce contenu.

En tant qu'utilisateur, vous pouvez accéder à toutes les pages de Wikipédia, les copier, les réutiliser, et même les vendre si ça vous chante, sans payer un centime. Ca correspond à la définition de "gratuité" acceptée communément.

Oui, nous (la communauté Wikimédia) faisons un appel aux dons, mais en tant que personne individuelle, vous n'avez aucune obligation de payer pour profiter de ces ressources. Personne n'a dit que cet argent n'était pas nécessaire; la question des dons était présente tout au long de la discussion (vous l'avez mentionnée dans votre premier message déjà). Ce que Wikipédia montre, c'est qu'il existe un modèle alternatif qui arrive à financer des projets coûtant plusieurs dizaines de millions de dollars par année, tout en ne faisant pas payer les utilisateurs pour accéder au contenu.

Écrit par : Frédéric | 19/12/2013

Et c'est là que vous vous trompez. Wikipedia passe son temps à chercher des financements. Pourquoi? Parce que c'est une simple fondation, c'est à dire rien de nouveau. Pourquoi une fondation? Car contrairement à ce que les iédalistes comme vous semblent croire encore, Wikipédia coûte. Eh oui: le gratuit coûte. Marrant non? Wikipédia coûte d'ailleurs de plus en plus cher. Où vont les sous? Les sommes sont allouées à 90 % à la technique (serveurs, bande passante) et au personnel (eh oui, contributions gratuites mais techniciens payés, ne vous déplaise) et sont donc croissants, le reste couvrant les frais de déplacement des dirigeants (et sans doute quelques bonus sous le manteau) ou encore la réservation des noms de domaines. En gros, sans argent, il faut fermer Wikipedia. « Wikipedia dispose des ressources nécessaires pour assurer le fonctionnement de ses serveurs pendant trois ou quatre mois. Si nous ne trouvons pas de nouveaux financements, il n'est pas impossible que Wikipedia disparaisse », a déclaré Florence Devouard, présidente de la Wikimedia Foundation, lors d'une conférence. On peut difficilement être plus clair. Donc d'où viennent les sous? Des dons (mais vraiment peu) et des... entreprises. Or, si celle-ci font des dons, ce n'est pas à fonds perdus. Si Google donne (ce qui est le cas) c'est pour un retour sur investissement: ces gens-là ne sont en rien des philantropes donc c'est donc clairement un investissement qui colle à leur stratégie de contenu. Wikipedia n'a donc rien de gratuit: il est simplement payé par d'autres que par ses lecteurs. Et c'est là toute l'erreur subtile du concept de gratuit: RIEN n'est gratuit. Simplement, ce sont d'autres qui le paient. C'est très simple, vous verrez, relisez. VOUS utilisez, ILS paient. C'est gratuit pour vous, certes, mais parce que d'autres paient. C'est donc, in fine, payant. Simplement, des gens comme le parti pirate genevois aiment l'idée de ne pas payer, c'est tout, et pour ça ils font payer les autres en se cachant derrière de grands principes moraux évidemment désintéressés (principe désintéressés qui ont d'ailleurs rendu riche des mecs comme Kim Dotcom, comme c'est étrange: devenir riche en proposant du gratuit, wouahou, je signe tout de suite!). En gros, ils ne sont qu'un nouveau parti de gauche: les riches paient pour les pauvres. Ici, on change simplement les catégories qui paient pour les autres.

Écrit par : Ahahaha | 19/12/2013

@Ahahaha

Juste pour rappel quelques une de vos assertions: "Votre naïveté est confondante... Des donations? La bonne blague" et maintenant vous nous expliquez que Wikipédia "c'est (...) rien de nouveau" (ndlr: dans son mode de financement) et pourtant vous continuez à dire "travailler et ensuite le donner gratos. (...) j'appelle ça du vol". Je pense que l'on peut dire pour conclure que vous n'êtes pas à une contradiction près. Bon courage pour la suite...

Écrit par : Kelson | 19/12/2013

Tiens vous êtes moins disert. Seriez-vous en panne d'arguments concrets?

Écrit par : Ahahahah | 19/12/2013

@Ahahahah
En plus d'être à côté de la discussion et d'enfoncer une porte ouverte (tout le monde est d'accord que faire tourner Wikipédia, ou créer du contenu culturel, nécessite un investissement; la question est de savoir si d'autres modèles que "consommateur payeur" peuvent fonctionner), vous parlez de toute évidence de choses que vous ne connaissez pas (et je me permets de mentionner que je suis la personne qui a eu la responsabilité de la levée de fonds pour Wikipédia en Suisse ces dernières années, j'ai donc une vague idée de la chose).

Contrairement à ce que vous dites, le financement est assuré dans la quasi-totalité par les dons du grand public; il y a eu il y a quelques années des dons d'entreprise (dont celui de Google), qui sont acceptés tant qu'ils sont faits sans conditions, mais actuellement ce sont les dons individuels qui financent quasiment tout.

Quand aux "bonus sous le manteau" et aux "frais de déplacement des dirigeants", qui ne sont étayés par rien de concret, ce sont une bonne indication qu'il ne faut plus/pas espérer d'arguments pertinents dans cette discussion. Arrêtons-donc ici.

Joyeuses fêtes !

Écrit par : Frédéric | 20/12/2013

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