Parti Pirate

Le droit à l'oubli, existe-t-il?

17/08/2014

Le droit à l'oubli: voilà un beau principe dont on aimerait pouvoir jouir sur internet. Malheureusement il est incompatible avec les fondements, la génétique même du réseau. Cette magnifique machine copie à l'infini ce qui est recherché et conserve une trace au fond de sa mémoire de ce qui n'aurait aucun intérêt (pour le moment). Aujourd'hui proner le droit à l'oubli sans être conscient de ces règles mène vers l'instauration d'une censure ainsi que d'incontrôlables effets de bord comme l'effet Streisand. Avant de vouloir museler notre bibliothèque mondiale, apprenons à reconnaitre son importance, apprenons à nous y reconnaitre et apprenons à notre société à filtrer (et non supprimer) le bruit superflu des informations fausses ou génantes pour certains afin d'en extraire ce qui a de la valeur.

Commentaires

Monsieur Roussel c'est peut-être pour combler le droit à l'oubli si généreusement accompli par de nombreux Suisses à l'égard de nombreuses personnes âgées ,la machine leur montre l'exemple à suivre qui sait!
Mais que ceux qui sont dans l'oubli soient rassurés car s'ils avaient internet ils entendraient des pleurs et gémissements de gens rentrés de vacance et qui ne savent plus quoi inventer pour rouspéter/rire
toute belle journée pour Vous et merci pour votre blog

Écrit par : lovsmeralda | 17/08/2014

Qu'est-ce que "l'effet Streisand" ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Streisand

Écrit par : jaw | 17/08/2014

Le droit à l'oubli n'a jamais existé. Avant Internet (et un certain verdict de la CJUE), c'était simplement l'impossibilité de conserver le superflu ou la difficulté d'accéder aux archives appropriées qui voilait le passé. Le « droit à l'oubli » est simplement une manière de reformer artificiellement cet écran de fumée qui nous voile la face.

Il serait beaucoup juste d'introduire un droit à l'erreur (qui est humaine, rappelons-le), et qu'on apprenne à vivre avec celles-ci. Dans un monde où c'est possible, on devrait par exemple limiter l'influence des erreurs de jeunesse au moment de décider si un candidat à un poste va être embauché. Ceci rejoint l'esprit de la dernière phrase du billet.

On peut encore brièvement parler du droit à la vie privée, qui est un concept assez ressemblant, mais en fait différent :
Le droit à la vie privée empêche de fouiller dans ce que peu de monde connaît (des informations privées). Le « droit à l'oubli » quant à lui empêche de fouiller dans ce que potentiellement tout le monde sait, des informations publiques.

Si on pousse le concept du « droit à l'oubli » jusqu'au bout, c'est un outil qui permet à ceux qui le manipulent d'altérer la mémoire collective, de changer l'histoire. Et c'est dangereux. On a beau promettre que son utilisation sera encadrée, le « droit à l'oubli » sera forcément abusé à un moment ou un autre. D'ailleurs on peut regarder du côté de la Chine, qui a réussi à mettre en place quelque chose d'assez similaire (qu'on appelle « censure » en Europe, mais qui pourrait très bien s'appeler « droit à l'oubli » là-bas).

Écrit par : Crazygolem | 17/08/2014

Le "droit à l'oubli" est une invention parfois, pour ne pas dire plus, à la limite de l'hypocrisie. On possède un casier judiciaire, rien à faire sinon une fois la peine accomplie arracher la feuille concernée par le délit.
Selon la gravité d'une faute sans possibilité d'affirmer que la personne ne récidivera pas, l'attente d'un "droit à l'oubli" ne se justifie pas.
Les horreurs contre l'humanité prennent place dans les archives en tant que faits historiques: que signifierait la destruction de ces archives en tant qu'expression d'un "droit à l'oubli"?! Oublier, c'est-à-dire "feindre d'oublier"! par prétendus manque de temps ou de moyens les personnes âgées, malades, indigentes, souffrantes ou déprimées, devenues "lentes" (n'est-ce pas à partir d'une carapace de tortue que fut conçue la lyre d'Apollon)? est signe d'égoïsme, de muflerie, d'ingratitude: méconnaissance du sens de l'éthique. Réclamer ou justifier le "droit à l'oubli" en l'occurrence est signe de décadence d'une civilisation. Le souci d'autrui pas forcément inné chez tous s'apprend, s'exerce, se cultive dès l'enfance non pas seulement par discours parental, scolaire ou catéchétique mais dans les familles comme ailleurs par l'exemple, le bon. "Droit à l'oubli" sociétal: personne n'st oublié lorsqu'il s'agit de rafler au maximum, disons autant que faire se peut! dans la poche des citoyens ou habitants lesquels, à l'occasion réclameraient bien volontiers un "droit à l'oubli"! Les manuels scolaires en France concernant l'Histoire donnent le sentiment d'être conçus et rédigés par des auteurs partiellement atteints d'amnésie, cas gravissimes, Alzheimer.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 18/08/2014

Quelque chose cloche : des délits ou crimes commis disparaissent de casier judiciaire après un certain nombre d'années (prescription), alors que les articles de presse relatant ces crimes sont conservés soit chez l'éditeur, soit chez le lecteur, ils peuvent rebondir à chaque instant. D'autre part, la jurisprudence accessible sur les sites des tribunaux ne disparait pas puisque le quidam peut en tout temps consulter les archives. Là aussi, le doit à l'oubli n'existe pas. Faut-il vraiment octroyer ce droit ?

Écrit par : Argus | 18/08/2014

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