Parti Pirate

Le eVote de Genève se voit grand? Il devra s'ouvrir.

09/09/2012

Jeudi 6 Septembre, tout le petit monde du vote électronique helvétique s'est retrouvé à Berne. La Chancellerie Fédérale organisait un atelier sur le thème : E-Voting – Peut-on en avoir confiance ?

On avait à faire à un savant mélange de politicien(ne)s, de représentants de chancelleries cantonales, dont celle de Genève, des universitaires. L'ambiance était studieuse, les présentations extrêmement professionnelles, et presque toutes les interventions étaient opportunes.

Le but était bien de faire le point sur le vote électronique en Suisse, autour de la question de la confiance. La Chancellerie Fédérale souhaitait voir quelles étaient les possibilités de développer le vote électronique pour tous nos concitoyens. Effort louable, la Chancellerie Fédérale a mandaté l'école d'ingénieur de Berne afin de déterminer les caractéristiques que devraient avoir le système de vote électronique : transparence et vérifiabilité.

Transparence : de l'avis de presque tous les participants, le code du logiciel doit être ouvert.

Vérifiabilité : chaque citoyen devrait pouvoir vérifier que son vote ait bien été compté et recompter l'ensemble des votes.

Voilà deux caractéristiques que le système genevois ne possède pas. S'il veut prétendre à devenir le système fédéral, il devra s'adapter.

Vous pouvez trouver mon Live Tweet depuis Berne (Commencer à lire par le bas)

Pour une lecture différente de la problématique du vote électronique, lire la petite histoire du tonneau par Maxime Augier.

e-Vote la suite...

10/08/2012

Et voilà, le Conseil d'Etat m'a accordé le droit "d'éprouver sans reproduire" le code source du vote électronique. Une petite victoire? sûrement.. car l'accès est cette fois-ci accordé sur un ordinateur. La fois précédente, le code avait été remis imprimé sur du papier. Autant vous dire que toute analyse était impossible. J'espère que cette fois-ci les conditions seront meilleures.

Autre moment important, nous serons aussi le 23 septembre, dans les bureaux de la chancellerie pour assister à l'ouverture de l'urne. Nous pourrons y analyser le côté humain et organisationnel en situation réelle.

Dans tous les cas, je compte bien vous faire le relevé ici même de notre travail et de sa progression. Mais nous devrons signer un accord de confidentialité concernant la divulgation du code source. Donc tous nos commentaires devront respecter cette clause. Nous ne manquerons pas de signaler le fait qu'une information ne puisse pas être divulguée.

Donc aujourd'hui nous utilisons un système de vote électronique dans plusieurs cantons, que seuls les genevois font fonctionner et peuvent contrôler... Je crois de source sûre que les citoyens Bâlois, Bernois ou Lucernois ne sont pas très satisfaits de cela..

Pour suivre l'actualité du vote électronique, je vous propose aussi le blog de Tengu. Des fois un peu technique, mais toujours piquant de réalisme.

Bref, la suite au prochain épisode...

Le vote électronique victime d’un virus !

31/05/2012

"Un virus a modifié votre vote". Voilà à quoi pourrait ressembler la une des journaux français si les promoteurs du vote électronique continuent à persister dans leurs erreurs.

On pourrait imaginer le scenario suivant : Vous recevez un email du Consulat, vous invitant à cliquer sur un lien pour voter. En cliquant sur le lien, sans le savoir, vous installez un petit virus, puis vous êtes redirigé sur le site du vote officiel. Ni vu ni connu, vous voici prêt à donner votre vote.

Depuis quelques semaines, le vote par internet pour les Français de l’étranger parait de plus en plus compromis. A côté, les erreurs commises dans le développement de notre logiciel genevois font pâle figure.

Un informaticien a réussi à démontrer qu’il était très facile de modifier le vote d’un électeur. A travers un petit logiciel. En choisissant votre candidat préféré, il est tout à fait possible que ce soit le nom de votre pire ennemi qui soit mis dans l’urne.

Un virus ? Mais je ne vais pas l’installer bien sûr.

Non, il est évident que vous n’installerez pas vous même ce logiciel. C’est un virus qui le fera pour vous. Peut-être que face aux difficultés techniques, vous trouvez une solution facile sur Internet dans laquelle vous pouvez avoir confiance, ou pas... Et si en plus, on vous conseille de désactiver votre anti-virus pour voter...

Mais comment un virus pourrait cibler tous les électeurs Français à l’étranger ?

Ah pour cela, il suffit de récolter les adresses emails auprès du Consulat. Tout candidat ou électeur peut le faire.

En France, des individus mal intentionnés ont donc tous les moyens pour commettre une fraude massive et invisible du vote démocratique. Le système de vote français est d’un amateurisme qui n’est pas acceptable dont les failles peuvent être dévastatrices pour la démocratie.

Mais pourquoi moi, Genevois, je devrais m’en soucier ?

Tout d’abord parce qu’il y a plus de 50.000 Français qui résident à Genève, et la plupart sont également Suisses. Nos concitoyens sont donc une cible potentielle.

Enfin et surtout cela nous montre l’importance de l’ouverture du code. Le logiciel de vote genevois a peut-être plus d’expérience, il est aussi fermé et opaque que le logiciel français. Lorsque on nous assure qu’il n’y a aucun risque cela est faux ! Cette faille n’est que le sommet de l’iceberg. En ouvrant le code, nous permettrons à des milliers d’informaticiens soucieux du bon fonctionnement de notre démocratie d’aider à identifier et corriger ces failles.

Pour nos démocraties, libérons le code !