Parti Pirate

Devons nous laisser nos Etats violer (numériquement) nos enfants?

14/04/2015

Les guerres laissent des traces indélébiles dans notre histoire et notre inconscient collectif. Il s'agit d'un moment terrible où l'humain disparaît devant l'horreur. Les soldats eux-mêmes deviennent de la chair à canon, une ressource dont on peut froidement quantifier le sacrifice. Lorsqu'une armée se déplace, l'inhumanité atteint son paroxysme. Pillages, viols, torture effrayent des populations qui tentent de les fuir pour sauver leurs propres bébés d'une mort certaine. Même une armée libératrice viendra prélever sa part du gâteau. Les lits, la nourriture, les femmes sont offerts aux valeureux guerriers avec peut-être un espoir vain que cela apaisera leur colère.

L'humanité disparaît pour un instant. Un instant tragique.

Lorsque nous avons pris conscience au 18ème siècle que l'humain pouvait être libre, nos aînés ont consacré un droit fondamental : l'inaliénabilité du corps et de l'esprit. Un esclave ne peut être violé, car on ne le considère pas comme humain. Il n'est qu'un objet dont on détient la propriété. Mais lorsqu'on le considère comme un être humain à part entière, cela devient un viol, une atteinte à son intégrité physique et donc un crime punissable. Aujourd'hui, de nombreux États modifient leurs lois pour permettre la mise en place d'une surveillance massive et généralisée de sa propre population. Mais ce sont des moyens de censure, d'analyse prédictive, d'intrusion par l'astuce qui sont proposés dans les plus grandes démocraties de notre planète. Ce sont des outils qui portent atteinte à l'humain.

Lorsque l'on prend conscience que les humains existent aussi numériquement, au-delà des "données qui les concernent", on doit reconnaître l'existence de l'intégrité numérique de chacun d'entre nous. Sans cette protection, nous sommes livrés sans merci aux armées les plus voraces et aux criminels les plus endurcis qui viennent piller, torturer et violer. Sans aucune voie de recours. Nos propres enfants sont exécutés numériquement en place publique pour un simple mot de travers, leur compte social fermé de force par la justice.

Nos États organisent le viol massif de leurs propres citoyens et nous nous laissons faire. À nous de faire ce qu'on fait nos ancêtres, libérons les humains aussi numériquement ! Rendons les humains inaliénables aussi numériquement ! Et ces guerres laisserons des traces indélébiles...

Secret médical, un jour tu disparaîtras...

30/03/2015

Pour attaquer le secret médical, chaque drame est une opportunité. Après le drame de La Pâquerette, voici celui de l'Airbus A320.

La phrase du jour est attribuée à Jean Martin, ancien médecin cantonal vaudois qui résume à merveille une des facettes de nos sociétés actuelles:

"A légiférer toujours plus précisément, on crée l’illusion que l’on peut neutraliser tous les risques"

Doit-on devenir propriétaires de nos données

23/01/2015

Poser une question provocatrice: les citoyens peuvent-ils devenir propriétaires de leur données? Le but de cette démarche est d'abord de permettre de se rendre compte de l'absence de loi efficace et du fait que d'autres personnes s'accaparent simplement de vos données pour les revendre ailleurs. Si l'on répond non à cette question, on accepte le fait que seul une tierce personne peux vendre des données vous concernant. Mais si nos données ne sont pas à vendre? Si vos données étaient une partie intégrante de votre personne? on ne pourrait plus les vendre, à personne... Comme on peux pas vendre son corp...

Mais encore faut-il reconnaitre notre intégrité numérique. Une vraie évolution de nos droits humains!

http://www.tdg.ch/high-tech/appartiennent-donnees-faceboo...

Le droit à l'oubli, existe-t-il?

17/08/2014

Le droit à l'oubli: voilà un beau principe dont on aimerait pouvoir jouir sur internet. Malheureusement il est incompatible avec les fondements, la génétique même du réseau. Cette magnifique machine copie à l'infini ce qui est recherché et conserve une trace au fond de sa mémoire de ce qui n'aurait aucun intérêt (pour le moment). Aujourd'hui proner le droit à l'oubli sans être conscient de ces règles mène vers l'instauration d'une censure ainsi que d'incontrôlables effets de bord comme l'effet Streisand. Avant de vouloir museler notre bibliothèque mondiale, apprenons à reconnaitre son importance, apprenons à nous y reconnaitre et apprenons à notre société à filtrer (et non supprimer) le bruit superflu des informations fausses ou génantes pour certains afin d'en extraire ce qui a de la valeur.

L'app de RTSInfo, une application fouineuse?

16/03/2014

La gestion et protection de ses données personnelles ne sont pas une mince affaire. Chaque jour des applications sur nos ordinateurs et nos smartphones pillent agréablement et avec notre complicité passive l'ensemble de nos données personnelles. Complicité passive, car la plupart d'entre nous ne lisent ni les conditions générales ni les écrans d'avertissements.

Heureusement certains d'entre nous ont l'oeil aguerri. Cette fois-ci c'est Alfred Manuel, un ancien de la FRC et certainement Pirate dans l'âme, qui a remarqué qu'une des applications de la RTS demandait d'accéder à certaines données extrêmement confidentielles de nos smartphones.

RTSapp.jpg

Une demande d'explication à la RTS et la réponse est venue sans attendre.

RTSapp2.jpg

La réponse des équipes de la RTS tend à démontrer leur bonne foi. Mais c'est l'occasion de rappeler certains problèmes liés à la protection des données pour les applications des organismes ou sociétés publiques en Suisse. Si la protection des données était réellement un souci pour les concepteurs voici ce qui serait différent:

Les applications doivent être ouvertes! La transparence est garante de la sécurité d'un logiciel. Et il est difficile de justifier la protection d'un brevet ou d'un secret particulier. On parle de société ou institutions publiques, financées par nos impôts (RTS, Météosuisse, CFF, administrations...).

Les applications doivent être disponibles en dehors de iTunes ou de GooglePlay! Pour ceux qui sont soucieux de leur vie privée, il est possible de se déconnecter des magasins en ligne. Mais il faut pouvoir ensuite télécharger les applications sans être forcés de passer par ses magasins.

Heureusement, la pression augmente doucement, grâce à Alfred Manuel aujourd'hui, SwissTengu depuis quelques années, sans compter François Charlet qui avait mis à l'index l'application iO de Swisscom pour ses conditions générales.

Tant que la loi sur la protection des données ne sera pas revue pour vous donner clairement la propriété de vos données personnelles, ce sera à nous tous individuellement de rester vigilant et exigeant envers ceux qui produisent des applications.

Tous espionnés?

15/11/2013

Vous pouvez revoir l'émission Infrarouge dans laquelle j’intervenais.

La version courte:

 

La version complète:

Nos autorités fédérales ont une guerre numérique de retard

09/10/2013

Il y a 4 mois, je demandais la remise en cause du Safe Harbor auprès du Préposé Fédéral puis au Président de la Confédération. Les réponses (au moins j'ai eu des réponses) étaient négatives.

En même temps, Viviane Reding, Commissaire européenne, lançait une enquête interne pour évaluer le Safe Harbor.

Au cours d'audition au Parlement européen, il a été montré que le Safe Harbor a été largement abusé.

Le Safe Harbor est le cadre juridique permettant l'exportation de vos données personnelles vers les Etats-Unis.

Les autorités fédérales font état d'un attentisme auquel nous sommes que trop habitué... au détriment des citoyens...

Quand ceux qui collectent vos données commencent à s'inquiéter

26/09/2013

Suite à la publication de mon article sur comment effacer vos données personnelles chez Moneyhouse, j'ai reçu la demande de Monetas/Bisnode de supprimer la référence de leur site sur cette page.

lettre bisnode.jpegMonetas justifie maladroitement sa demande en précisant qu'il ne publie pas de données personnelles. Soit il faut un compte pour y accéder, mais sa base de données contient des données personnelles. Celles-ci sont récoltées, apparemment, uniquement sur la base des données disponibles publiquement, soit. Mais cela reste des données personnelles auxquelles vous avez accès si elles vous concernent.

L'article en question ne donnant qu'une démarche à suivre pour faire appliquer ses droits, il n'est bien évidemment pas diffamatoire.

Cela pose toutefois un soucis à Monetas qui a sûrement du faire face à une augmentation des demandes d'accès. Je leur conseil donc de suivre l'exemple de Moneyhouse qui (il faut au moins leur reconnaître cela) a mis en place un formulaire exprès pour cela.

Vos données vous appartiennent, elles ne sont pas suffisamment protégées actuellement. Je vous encourage donc à utiliser tous les moyens disponibles dans la loi afin de vous protéger.

L'avenir de la gestion des données personnelles

L'affaire PRISM est un coup dur pour l'industrie américaine du stockage de données. Les entreprises préfèrent des pays garantissant la protection de ces données.

En Suisse nous devons éviter que notre législation impose une surveillance qui minerait la confiance dans les opérateurs ou dans l'Etat.

Dans notre canton, nous devons lancer une réflexion sur l'avenir de la gestion du patrimoine qui va se confondre de plus en plus avec la gestion des données personnelles.

Notre canton doit disposer des conditions cadres les meilleures pour accueillir et permettre aux services de stockage de données et de gestion de données personnelles de se développer. De nombreux emplois sont à la clé. Nos sociétés de gestion de données personnelles financières sauront-elles se transformer en sociétés de gestion de données personnelles (tout court)?

Tous fichés? un témoignage

17/06/2013

mass surveillance.jpgVoici le témoignage d'un anonyme. Celui d'une personne à qui le système kafkaïen de fichage en Suisse ne pardonne pas. Le Parti Pirate se bat pour que personne n'ait le droit de vous ficher sans vous demander l'autorisation.

Les règles de notre société ne doivent pas se retourner contre nous. Aujourd'hui nous devenons tous coupables par défaut. Et c'est à chacun d'entre nous de prouver son innocence. Si nous voulons pouvoir contribuer à notre société, cette situation doit cesser!

Vos données VOUS appartiennent!


Voici mon histoire de « mauvais payeur insolvable »...

Faisant partie des personnes ayant peu de chance dans ma vie professionnelle, mon parcours a été entrecoupé d’une multitude de périodes de chômage, avec des passages à l’assistance publique.

Compte tenu de ma situation précaire, j’ai été durant beaucoup d’années dans l’impossibilité de régler avec régularité certaines factures : par exemple soit je payais mes impôts ... soit je payais les autres factures.

Certaines factures sont donc passées au stade de la poursuite, puis de l’acte de défaut de bien. C’est alors qu’une fameuse boite de recouvrement est entrée en action ... je veux bien entendu parler de Intrum Justicia.

Tous les mois je recevais des factures de cette tristement célèbre entreprise de recouvrement qui me rappelaient que je devais payer leurs factures.

Sur leurs factures, ils y rajoutaient des frais exorbitants justifiés par des recherches d’adresse et d’autres conseils juridiques inexplicables.

Puis des appels téléphoniques ont commencés : Une boite vocale informatisée me rappelait qu’il fallait que je paie au plus vite les factures demandées et on me raccrochait au nez.

Puis des courriers oppressant m’étaient envoyé régulièrement avec des propositions de rabais «spécial Pâques » « spécial automne » ou « spécial Noël »... ou alors avec de menaces de mise en poursuites (alors qu’un acte de défaut de bien avait déjà été édité).

La pression était telle que j’ai sombré petit à petit dans le désarroi. En sachant que cette entreprise agissait en toute impunité et que les offices étatiques suisses ne pouvaient absolument rien faire car la loi suisse autorisait ce genre d’agissement j’étais obligés de supporter et me taire. Il ne me restait plus qu’à attendre de retrouver un emploi pour que je puisse petit à petit liquider mes dettes.

Finalement en mai 2012 j’ai réussi à trouver un emploi temporaire d’une année qui m’a permis de liquider bon nombre de mes dettes.

Après avoir pris contact avec l’office des poursuites de Genève, on m’a informé qu’il était préférable de payer la dette directement à l’office des poursuites compte tenu qu’ils n’avaient aucune information quant au rachat de mes dettes par Intrum Justicia.

J’ai donc décidé de prendre le taureau par les corne quand à cette affaire « Intrum Justicia »

1 j’ai demandé à Intrum justicia par téléphone de m’envoyer un justificatif de toutes les dettes qu’ils disaient avoir contre moi.

2 Après avoir reçu les documents en question j’ai pris contact avec l’office des poursuites pour leur demander à qui je devais payer.

3 comme les actes de défaut de bien étaient toujours actif à l’office des poursuites et qu’il n’y avait pas d’autre information, on m’a à nouveau conseillé de payer les dettes directement à l’office des poursuites ; chose que j’ai faite.

4 Puis j’ai écrit à intrum justicia pour les informer que lesdites dettes avaient été payées à l’office des poursuites.

5 Après quelques semaines j’ai été informé par l’office des poursuites de Genève que les deux actes de défaut de bien avaient été radiés et que l’argent avait été transmis à Intrum Justicia.

Pour moi l’affaire Intrum Justicia semblait définitivement close.Seulement voilà ... en septembre 2012, j’ai  voulu m’inscrire dans une société de location de voiture nommée Mobility Care sharing. Et j’ai été très surpris d’apprendre par écrit que mon inscription n’avait pas été acceptée car d’après les informations qu’ils avaient reçu par Intrum Justicia, j’étais fiché comme insolvable.

Après avoir pris contact avec Mobility par téléphone j’ai compris que Intrum Justicia n’avait pas corrigé les données qu’ils avaient à mon sujet et continuaient de transmettre l’information de ma soit disant insolvabilité... J’ai donc décidé d’attendre encore un peu que leurs registres soient mis à jours.

Puis en septembre 2012 Intrum Jusicia m’a renvoyé un nouveau rappel pour l’une des factures qui avait été réglée à l’office des poursuites.

J’ai donc décidé d’effectuer un envoi en nombre à différentes boites de recouvrement (dont Intrum Justicia) pour savoir quelles étaient les entreprises de recouvrement qui détenaient des informations me concernant et quel type d’information étaient transmises.

Après quelques temps d’attentes j’ai reçu les premières réponses : certaines bonnes : car je ne faisais pas partie de leur fichier. Par contre pour d’autres : j’ai appris que certains offices se fiaient aux informations (erronées) transmises par Intrum justicia et que ces même autres offices reléguaient les mêmes fausses informations.

Plus fort encore : dans la réponse d’Intrum Justicia j’ai constaté qu’ils détenaient des informations erronées quant à mon domicile. Des adresses où je n’avais jamais habité y figuraient !

En avril 2013 j’ai donc pris contact avec mon assurance juridique, la fédération romande des consommateurs, et le préposé fédéral de la protection des données. Tous les trois m’ont conseillé de réécrire une lettre à Intrum Justicia pour leur demander de cesser de m’importuner avec leur courrier et de bien vouloir corriger et/ou effacer les informations qu’ils avaient à mon sujet.

Chose que j’ai donc faite, en annexant les copies des actes de défaut de bien, les copies des échanges des courriers que j’ai eu avec Intrum Justicia ainsi que les preuves des paiements des dites créances.

En mai 2013, j’ai finalement reçu un courrier de Intrum Justicia où ils m’informaient qu’ils ne pouvaient pas donner une suite favorable à ma requête ; compte tenu qu’une créance était toujours ouverte à mon nom.

Voilà plus de sept ans que cette affaire traine en longueur ! Dans deux mois ça fera un an que TOUTES les dettes chez Intrum Justicia ont été réglées. J’ai déjà dépensé suffisamment d’argent et d’énergie en courrier recommandé et appels téléphoniques.

Cependant, je continue à être catalogué dans un fichier plus que douteux. Et Intrum Justcia refuse de m’effacer de son fichier ou de mettre à jour leurs informations alors que tout a été payé et que toutes les preuves y relatives ont été envoyées.

Cette situation m’handicape indéniablement dans ma vie : lorsque je fais des achats en suisse par internet ; on me demande payer à l’avance... Lorsque je souhaite m’inscrire chez Mobility ; ma demande est refusée.

Comme que je suis à la recherche d’un nouvel appartement et d’un nouvel emploi fixe, je suis persuadé que cette situation de fichage en tant qu’insolvable ou mauvais payeur joue également un rôle important dans mes démarches.

Malheureusement la législation helvétique autorise ce genre de procédé.

A ce jour, j’ai transmis la totalité de l’affaire à mon assurance juridique qui va essayer de faire quelque chose sans vraiment m’assurer que cette affaire ne se termine pas devant un Juge Civil.

Affaire à suivre...

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