Parti Pirate

L'avenir de la gestion des données personnelles

26/09/2013

L'affaire PRISM est un coup dur pour l'industrie américaine du stockage de données. Les entreprises préfèrent des pays garantissant la protection de ces données.

En Suisse nous devons éviter que notre législation impose une surveillance qui minerait la confiance dans les opérateurs ou dans l'Etat.

Dans notre canton, nous devons lancer une réflexion sur l'avenir de la gestion du patrimoine qui va se confondre de plus en plus avec la gestion des données personnelles.

Notre canton doit disposer des conditions cadres les meilleures pour accueillir et permettre aux services de stockage de données et de gestion de données personnelles de se développer. De nombreux emplois sont à la clé. Nos sociétés de gestion de données personnelles financières sauront-elles se transformer en sociétés de gestion de données personnelles (tout court)?

Vote électronique: Persévérer vers l'ouverture

27/08/2013

(Texte publié dans TdG du 27 août 2013)

Pour un projet démocratique aussi complexe, il faut bien l'admettre que le vote électronique est un projet extrêmement technique qui malheureusement a manqué son objectif initial annoncé: faire augmenter la participation. En réalité, nous le savons aujourd'hui, un outil à lui seul ne saurait pas remplacer le désengagement de la plupart des citoyens vis-à-vis de la politique. Mais un seul échec doit-il nous faire baisser les bras ? Non.

Un véritable enjeu pour notre démocratie, voilà ce que représente un tel projet : celui de l'adaptation de notre société à l'ère numérique. En touchant au lien le plus fondamental entre les citoyens et l'Etat, ce petit projet a pris une ampleur peut-être encore sous-estimée. L'organisation et les compétences nécessaires pour développer et faire fonctionner une telle application se sont rapidement confrontées aux domaines les plus pointus de l'informatique que sont la sécurité et la cryptographie. En même temps, l'Etat est en train de s'adapter aux nouveaux outils mais aussi aux nouveaux comportements numériques des citoyens. Cette adaptation va prendre du temps, mais elle doit se faire si nous voulons que notre canton continue à être un pôle d'attraction économique et social.

Transparence et participation

La sécurité est-elle un enjeu ? Doit-elle être questionnée ? Absolument. La technicité du vote électronique ne risque-t-elle pas de réserver la maîtrise du système à une élite?

Ces questions ne doivent pas être mises de côté mais intégrées dans le projet lui-même. Le développement d'outils hautement sécurisés, comme pour le vote électronique, s'est fait avec un changement de paradigme assez perturbant. Une meilleure sécurité s'obtient en toute transparence. Avec la publication du code génétique du logiciel, on permet à une multitude d'informaticiens d'en étudier le fonctionnement, augmentant ainsi les chances de trouver des failles.

Mais laisser lire le code ne suffit pas. L'Etat doit faire face à une autre révolution, celle de la participation. Nous devons laisser contribuer les citoyens désireux de suggérer des améliorations techniques. Le rôle de l'Etat est de leur donner la possibilité de participer en dehors des cycles de votations. Sans transparence, ni participation, la confiance ne peut pas se construire.

Un moratoire reviendrait à dénigrer le travail de toute une équipe qui a correctement réalisé son projet initial. Un moratoire signifierait la mort du vote électronique. Redéfinissons le projet politiquement, avec l'ensemble des acteurs et des citoyens, et non contre eux.

Encourageons les citoyens à contribuer à la construction de notre démocratie connectée, avec un vote électronique transparent et participatif dans sa conception.

Au fond du couloir, un homme

16/08/2013

En 2000, le Congo faisait face à la Belgique devant la Cour internationale de Justice. Jeune consultant au sein de l'institution, en passant dans la salle des pas perdus du palais, je vis au fond du couloir un homme seul, fatigué, âgé, pensif peut-être. Alors qu'une caméra s'approcha de lui, tout à coup, une lumière apparue dans son visage. il se redressa, initia un superbe jeu de manches avec sa robe d'avocat et s'élança dans un discours passionné avant même que la première question fut posée.

Trop loin pour entendre, stupéfait de cette petite scénette, mais respectueux des acteurs de l'affaire en cours, je rejoignis les bureaux du greffe. Cet avocat sujet de cette anecdote? Jacques Vergès, défendeur de l'indéfendable, détesté par un grand nombre, mais qui a le droit à tout mon respect pour son travail.

Espérons qu'avant de disparaître, il ait insufflé sa passion à d'autres...